Résumé

Charles Magnin Le Naufrage de Sepulveda

L’épopée est, si on l’ose dire, l’océan de la poésie, tandis que les autres genres ne sont que des fleuves d’inégale grandeur qui vont y aboutir et s’y perdre. La tragédie, par exemple, qui peint les passions, humaines dans leurs courts momens de crise, n’est qu’un rameau détaché de l’antique et vaste cèdre épique. L’églogue, qui réfléchit, dans son pur miroir les bois, les fleurs, l’azur des lacs, la nature, en un mot, sous les aspects les plus attrayans, et l’homme à l’état de calme ; l’églogue, dis-je, n’est ’qu’une des faces gracieuses de la poésie épique.
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Charles Magnin Le Naufrage de Sepulveda

Il n’aurait fallu rien moins que le génie de Dante ou de Camoens pour rendre palpable et vivante l’idée profonde et bizarre de Corte Real, et faire comprendre cette pitié passionnée que le poète prête au désert pour sa victime.
La triste caravane continue sa route incertaine, exposée continuellement aux attaques des bêtes sauvages et aux embûches des Cafres encore plus féroces. Quel spectacle déchirant pour Sousa et pour dona Lianor, que de voir leurs pauvres petits enfans abattus par les privations et par la fatigue, le regard morne et trouble, enveloppés de la pâleur comme d’un linceul !
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Charles Magnin Le Naufrage de Sepulveda

Sousa cache à tous et surtout à Lianor les inquiétudes qui le déchirent ; mais elle a deviné sa douleur, car une grande douleur ne se cache jamais. Sept jours s’étaient écoulés, lorsqu’ils aperçurent dix Cafres menant une vache enchaînée. Tous pensent avec joie que c’est un secours que leur envoie le ciel ; mais ce bien, hélas ! N’était qu’un leurre. Au moment où les Cafres allaient céder la vache, non pour de l’or qu’ils méprisent, mais pour du fer, d’autres naturels surviennent et s’écrient : « N’achetez pas de ces hommes faux ce que la mer vous offre pour rien sur le rivage. »
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