André Fontaine

Résumé

André Fontaine Constantin Meunier (1923)

Dans l'art est beau uniquement ce qui a du caractère. Le caractère, c'est la vérité intense d'un spectacle naturel quelconque, beau ou laid, et même c'est ce qu'on pourrait appeler une vérité double : car c'est celle du dedans traduite par celle du dehors, c'est l'âme, le sentiment, l'idée qu'expriment les traits d'un visage, les gestes et les actions d'un être humain, les tons du ciel, la ligne d'un horizon, et, comme c'est uniquement la puissance de caractère qui fait la beauté de l'art, il arrive souvent que plus un être est laid dans la nature, plus il est beau dans l'art.
Source : Gallica

André Fontaine Constantin Meunier (1923)

Voilà donc un homme, un homme qui vit, qui agit et qui souffre. Pour animer, comme l'a fait l'artiste, un corps humain par ses seules lignes synthétiques, pour lui donner ces accents inoubliables par ce procédé de simplification savante, il faut être un maître dans l'art du dessin. Cette mâle figure a véritablement l'odeur même du peuple ; mais voyez la puissance de la sincérité et l'absolue supériorité de la nature : M. Meunier a su, tout en restant fidèle au modèle, lui donner un aspect grandiose, une noblesse, une élégance : la vraie élégance, — une beauté : la vraie beauté.
Source : Gallica

André Fontaine Constantin Meunier (1923)

Le sculpteur cherche l'expression du sentiment bien plus encore dans la ligne où le regard trouve une caresse et un repos, que dans le détail particulier de la physionomie ou dans la stricte observation de la nature. De nu, on l'a toujours dit, est le domaine propre de la sculpture. Mais on a peine à concevoir l'interprétation du nu sans l'enchantement des harmonies du corps, sans une sorte d'aspiration instinctive vers cet élégant équilibre où se dégage de la pureté des contours un sentiment de grâce ou de noblesse.
Source : Gallica

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