Résumé

Claude Boyer Aristodème tragédie

Alcidamas Aristodème fuit et se cache à ma vue,
Je conçois de sa fuite un soupçon qui me tue.
Le roi Qu'en croirai-je moi-même ? Et qu'en dois-je juger ?
Alcidamas Hélas ! De tous côtés j'ai de quoi m'affliger,
Ou je perds une soeur, ou je perds une amante, [455]
Tout désir m'est fatal, tout succès m'épouvante :
Cruelle destinée !
Argie Ah ! Ma soeur.
Mérope Ah ! Ma soeur.
Le roi Leurs visages sont peints d'une égale douleur,
Et dans le triste excès du mal qui les opprime
Je ne puis discerner qui sera la victime. [460]
Argie Hélas !
Alcidamas Doncques le Ciel vous condamne à mourir ?
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Claude Boyer Aristodème tragédie

Le roi Vous en devriez trouver dans la fin de mes larmes,
Et sachant que la mort en doit borner le cours [545]
Ne vous pas obstiner à prolonger mes jours,
Est-ce m'aimer ?
Mérope Voyez où l'amour m'a réduite.
J'abhorre mon trépas quand j'en prévois la suite.
Trop sensible pour vous, insensible pour moi,
Je vois le mien sans peur, le vôtre avec effroi. [550]
Qu'ai-je dit ? Je le dois avouer à ma honte,
Messène est la plus faible, et mon feu la surmonte,
Voyant que mon trépas vous va faire périr,
Oubliant mon pays j'ai regret de mourir.
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Claude Boyer Aristodème tragédie

Suivez votre destin, je vous laisse à vous-même,
Voyez, belle Princesse, à quel point je vous aime ;
Je veux vous imitant devenir généreux,
Il veut une victime, et j'en veux offrir deux. [530]
Me voici résolu de ne pas vous survivre,
Au moins ne m'a-t-il pas défendu de vous suivre,
Et si je m'en souviens son arrêt rigoureux
Ne m'ôte pas l'espoir qui reste aux malheureux.
Choisissant votre sang mon trépas lui doit plaire, [535]
L'amour qui nous unit l'a rendu nécessaire,
Et le Ciel qui vous perd par la bouche du sort,
Avec le même Arrêt me condamne à la mort.
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