“ Aristodème n’avait pas eu le courage de la détromper et du reste se demandait s’il y trouverait quelque avantage. Ils voyaient souvent à ses côtés Onésime, qui ne concevait rien à l’obstination de Myrrhine à ne se point reconnaître chrétienne. — En tout cas, lui disait-il, le malheur qui te frappe est sansi doute une bénédiction céleste. Il est clair que le Seigneur a des intentions sur toi. Tu es déjà chrétienne par la souffrance, il le faut devenir par la volonté. Les délices que tu connus sont impures et passagères, celles que tu peux t’assurer seront éternelles et incomparables. ”
Aristodème
Définition et enjeux
Citations sur “Aristodème”
Étienne-Agricol Chabert, Cours de thèmes grecs, ou Choix de morceaux gradués… (1838)
“ Mon cher Aristodème, sachez que votre esprit, tant qu'il est uni à votre corps, le gouverne à son gré. Il faut donc croire aussi que la sagesse qui vit dans tout ce qui existe, gouverne ce grand Tout comme il lui plaît. Mais ne pensez pas que , quand votre vue peut s'étendre à plusieurs stades, l'œil de Dieu ne puisse tout voir en même temps ; ni que , quand votre esprit peut en même temps s'occuper des événemens d'Athènes , de l'Egypte et de la Sicile, l'esprit de Dieu ne soit pas capable de songer à tout en même temps. ”
Charles Rollin,
Oeuvres complètes de Rollin. Tome 3
(1826)
“ Aristomène, nommé autrement Aristodème ( 1) , régna près de sept ans, [2] et fut également estimé et aimé de ses sujets. La guerre continua toujours pendant ce temps-là. Vers la fin de son règne, il battit les Lacédémoniens, prit leur roi Théopompe, et égorgea en l'honneur de Jupiter d'Ithome trois cents hommes, parmi lesquels le roi étoit la principale victime. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal
“ Aristodème, roi des Messéniens, ayant consulté l’oracle de Delphes sur le succès de la guerre contre les Lacédémoniens, il lui fut répondu que quand deux yeux s’ouvriraient à la lumière et se refermeraient peu après, c’en serait fait des Messéniens. Ophioneus se plaignit de violents maux de tête qui durèrent quelques jours, au bout desquels ses yeux s’ouvrirent pour se refermer bientôt. Aristodème, en apprenant cette double nouvelle, désespéra du succès et se tua pour ne pas survivre à sa défaite. ”
Plutarque,
Œuvres complètes de Plutarque - Œuvres morales et œuvres diverses…
“ Il arriva dans ces conjonctures, qu’Aristodème faisait creuser tout autour de la ville un vaste fossé, travail qui n’était ni nécessaire ni utile. Il voulait sans nul motif [46] vexer ses concitoyens, les accabler de fatigues et ne leur laisser aucune trêve. Chacun avait une certaine quantité de terre à transporter tous les jours. Une femme [47] qui travaillait comme les autres voyant Aristodème venir de son côté, détourna la tête et se cacha le visage avec sa tunique. ”
Claude Boyer, Aristodème tragédie
“ Aristodème . Que ne puis-je en mourant vous conserver la vie ? [440] Messène en mon trépas ne peut perdre que moi.Mais las ! En vous perdant elle perdra son Roi.Votre frère ni lui dedans cette occurrenceN'ont pu près des Autels seconder ma constance.L'esprit de tous les deux tout noble et grand qu'il est [445] N'a pas osé du son voir prononcer l'Arrêt.Pour s'en instruire enfin l'un et l'autre s'avance,Je vous laisse ce soin, j'évite leur présence.Et je cours cependant d'un pas précipitéRemettre les esprits d'un peuple épouvanté. [450] Scène III Le Roi, Alcidamas, Argie, Mérope. ”
Isidore Geoffroy Saint-Hilaire,
Revue des Deux Mondes
“ Aristote, le prince des naturalistes de l’antiquité, et qui serait aussi, si Platon n’eût existé, le prince de ses philosophes ; Aristote se serait immortalisé par ses seuls travaux sur la poétique, sur la rhétorique, sur la politique, sur la physique et l’astronomie, mais surtout sur l’anatomie. Ainsi ce grand homme offre bien, par l’universalité de ses connaissances, le caractère commun de tous les esprits éminens de son siècle et des siècles précédens : mais, chez lui, l’universalité n’exclut pas la profondeur. ”
Aristote,
La Métaphysique d’Aristote
“ Sur tous ces problèmes, qui de nous pourrait n’être pas curieux de recevoir la déposition d’un témoin tel qu’Aristote, auteur tout ensemble de la Métaphysique et de l’Histoire des animaux, de la Politique et de la Météorologie, de la Logique et de la Morale, de la Rhétorique et du Traité de l’Âme ? Sans doute, le vêtement des pensées antiques n’est plus le vêtement des pensées modernes ; mais la forme importe peu ; c’est le fond qui est tout ; et, si nous étions tentés de dédaigner les Anciens pour un motif aussi léger, une réflexion devrait arrêter notre orgueil. ”
Lerminier,
Revue des Deux Mondes
“ Suivez Aristote partout, dans la critique de l’art, de la poésie, de l’éloquence, comme dans la critique de l’homme abstrait, de la société et de la nature, vous lui trouverez autant de justesse que d’étendue, et non moins de finesse que de profondeur. C’est un généralisateur admirable. À travers les faits qu’il a pénétrés de toutes parts, il s’élève à des formules vraies, à des résultats féconds ; de la réalité qu’il a sous les yeux et de ses propres appréciations il fait un tout indivisible ; dans Aristote, l’individu ne domine pas ”
Lerminier,
Revue des Deux Mondes
“ Après Platon, Aristote, tout en déclarant que l’ami de la philosophie est aussi celui des mythes, a élevé au-dessus de tous les faits une philosophie première, science des premiers principes, science de l’être, science de l’intelligence et de l’intelligible tout à la fois. Avec le système d’Aristote, tous les faits, quels qu’ils soient, trouvent leur explication dans l’entendement, puissance passive qui prend toutes les formes, reçoit toutes les idées, et ils trouvent leur raison dans l’intelligence absolue, activité créatrice qui pousse l’action jusqu’à la pensée de la pensée. ”
Aristote,
De la génération et de la corruption
“ Le corps qui est perceptible, c’est la matière entendue au sens logique, sensible en puissance, mais en réalité ne l’étant que sous la forme d’un des deux contraires. — Le feu et l’eau, c’est-à-dire, les quatre éléments, avec tous les corps particuliers qu’ils composent, d’après les théories d’Aristote, qui sont aussi celles de toute l’antiquité. — De la manière dont le disent Empédocle et d’autres philosophes, la pensée n’est pas assez développée, et elle reste obscure par la concision de l’expression. Empédocle et d’autres philosophes regardent les éléments comme absolument immuables ”
“ C’est supprimer la raison même pour laquelle, selon Aristote, la Théologie est une science universelle, et faire entendre, comme le remarquent Alexandre d’Aphrodisée, Schol., pag. 797, Sepulv. p. 277, et Philopon, fol. 48, a, qu’elle peut être universelle à titre de genre commun. C’est pour empêcher qu’on ne tombe dans cette erreur, c’est pour éclaircir son idée, dit Alexandre, qu’Aristote a ajouté τῷ προτέραν : σαφηνίζων ἐπήγαγε. « τῷ προτέραν. » La Théologie est une science universelle, parce que son objet, c’est le premier être : supprimez l’être premier, il n’y a plus rien dans le monde. ”
Aristote,
La Métaphysique d’Aristote
“ Avec Aristote, arrêtons-nous quelques instants sur ces sommets, que bien peu de philosophes ont gravis d’un pas aussi puissant, et où bien moins encore ont trouvé plus de lumière. Aristote s’y est complu ; il s’y est reposé, après une longue et pénible route, au travers de toutes les choses de la nature et de la pensée, au travers du monde sensible et du monde intelligible, parcourus dans tous les sens. Puisse son exemple servir d’enseignement à d’autres, qui croient marcher sur ses traces, et qui, cependant, sont si loin de lui, non seulement par le génie, mais par la doctrine ! ”
Alexis Pierron, Histoire de la littérature grecque (1850)
“ Aristote avait eu plusieurs manières. Ce n’est que dans son âge mûr et dans sa vieillesse qu’il dépouilla complètement l’artiste, et qu’il écrivit avec ce dédain de l’élégance et de la grâce, avec cette concision excessive qui ne redoute pas les ténèbres, et qui réduit presque la diction à une sténographie de la pensée. Il avait composé, en plusieurs genres, des ouvrages admirables par la richesse et le coloris du style ; et ses dialogues, sans égaler ceux de Platon, étaient comptés parmi les plus beaux monuments de la littérature grecque. ”
Henri Lamirault, La Grande Encyclopédie, inventaire raisonné des sciences…
“ La liste des sciences qu’il a ainsi organisées est la liste même des sciences qu’il a cultivées : histoire de la philosophie, logique, métaphysique, physique générale, biologie, botanique, éthique, politique, archéologie, histoire littéraire, philologie, grammaire, rhétorique, poétique et philosophie de l’art. Dans chacune de ces sciences Aristote est chez lui : pour chacune il pose des principes spéciaux et appropriés. Pur éthicien quand il traite de la justice et de l’amitié, il est naturaliste de profession quand il traite de zoologie. Y a-t-il donc plusieurs hommes en Aristote ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Nous disons que l’homme d’Aristote est une concentration de l’univers ; mais à toutes les puissances inférieures de la nature il en ajoute qui n’appartiennent qu’à lui. C’est ici qu’on voit tomber les derniers restes de ce préjugé qui fait d’Aristote un sensualiste : Chose étrange ! depuis plus de deux mille ans, on commente Aristote, et une vie d’homme ne suffirait pas à lire ce qui a été écrit sur ce seul philosophe par les péripatéticiens d’Athènes, d’Alexandrie, de Byzance, auxquels il faut joindre les Arabes, les scholastiques et d’autres encore. ”
Adolphe Franck,
Dictionnaire des sciences philosophiques
“ Connaître Aristote, connaître l’histoire de l’aristotélisme, c’est mieux connaître, non pas seulement le passé de l’esprit humain, mais son état actuel. Par le moyen âge, d’où nous sortons, Aristote a plus fait pour nous que nous ne sommes portés à le croire. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Aristote écrivit sur toutes sortes de sujets, & presque toûjours en homme de génie ; il professa la Logique, la Grammaire, la Rhétorique, la Poétique, la Métaphysique, la Théologie, la Morale, la Politique, l’Histoire naturelle, la Physique & la Cosmologie : il eut pour sectateurs Théophraste, Straton de Lampsaque, Lycon, Ariston, Critolaüs, Diodore, Dicéarque, Eudeme, Héraclide de Pont, Phanion, Démétrius de Phalere, & Hieronimus de Rhodes. ”
Joseph-Marie de Gérando,
Histoire comparée des systèmes de philosophie…
(1804)
“ Aristote, survenant après Platon, eut un grand avantage, celui qui est assuré à un esprit calme, précis et méthodique, lorsqu'il succède à un génie hardi, à une imagination brillante et féconde. Un savoir immense, un excellent esprit d'observation, une conception vaste et facile, un goût singulier d'exactitude et de symétrie, et, si l'on peut dire ainsi, un génie éminent de régularité, semblaient constituer Aristote juge naturel des opinions de ses prédécesseurs. Il excella dans tous les travaux didactiques; il fonda la logique proprement dite , la grammaire, la poétique, la réthorique ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Le moyen-âge et le XVIIIe siècle, à des points de vue opposés, ont également défiguré Aristote. Pour Albert-le-Grand, pour saint Thomas, pour les Coïmbrois, Aristote est un philosophe spiritualiste dont la doctrine est en parfaite harmonie avec la plus sévère orthodoxie. ”
Louis-Aimé Martin, Plan d’une bibliothèque universelle
“ Aristote lui-même, ce contemplateur si froid, si réservé de la nature, s’émeut en cherchant les lois qui la gouvernent. Dans son émotion, il qualifie de théologiques, c’est-à-dire appartenant plus spécialement à Dieu, les investigations de la philosophie sur le système du monde. Théologisons, dit-il en commençant son discours, théologisons sur ces grands objets ! Puis il continue ses recherches, content d’avoir appelé le Créateur à son ouvrage. Laplace ne s’émeut pas, ne théologise pas, lui ; il calcule, il géométrise ; le nom de Dieu ne se trouve nulle part dans l’œuvre de l’homme. ”
Joseph Bertrand, Les Fondateurs de l’astronomie moderne
“ Ses maîtres, au contraire, enveloppant leur intelligence dans la vague obscurité d’une doctrine qu’ils croyaient fixée à jamais, regardaient comme impossible d’inventer et de perfectionner. Aristote était pour eux un esprit divin et au-dessus de l’humanité, presque une idole ; ils ne s’assuraient qu’en lui seul ; ses écrits, toujours lus et toujours cités, renfermaient la perfection de la science et la plénitude des connaissances humaines. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Si Aristote n’est point un philosophe matérialiste, il est encore moins un athée. L’idée qui fait le fond de la physiologie et de la théodicée d’Aristote est l’idée de cause finale. Voilà encore nos matérialistes un peu surpris. ”
Victor Cousin,
Fragments philosophiques (2e édition…
(1833)
“ Aristote est le premier qui chassa de la philosophie les mythes, les symboles, la poésie, tous les vestiges de l'Orient, et qui éleva la science à cette pureté, à cette sévérité, à cette abstraction dans les formes, que nous autres modernes nous plaçons et devons placer avant tout ; mais je prie que l'on observe qu'Aristote, ayant enveloppé dans la même proscription avec les métaphores et les symboles la partie supérieure du système de Platon, éluda par là la plus grande difficulté, et manqua aussi la vraie gloire de la forme scientifique. ”
de Lorris Guillaume, Le roman de la rose - Tome IV
“ Aristote, le plus célèbre, le prince des philosophes grecs, fondateur de la secte des péripatéticiens, élève de Platon, précepteur d'Alexandre le Grand, naquit en Macédoine, à Stagyre, en 384 avant J.-C., et mourut à Chalcis, en Eubée, en 322. Aristote est le plus vaste génie de l'antiquité. Il est le véritable fondateur de la science positive et le premier qui ait abandonné les errements de l'idéalisme grec. (P.M.) Euclides, mathématicien célèbre, qui vivoit sous Ptolémée Lagus, en la CXXe olympiade, l'an 450 de Rome. ”
Jules Simon,
Introduction
(1880)
“ Aristote, qui fut le précepteur et le ministre d'Alexandre, tout en suffisant à l'administration d'un vaste empire, sondait les profondeurs de la métaphysique, étudiait l'âme humaine dans ses plus secrets replis, dictait des lois à l'art de penser et à l'art d'écrire, concevait un système complet de morale, et, devançant l'humanité de plusieurs siècles, s'emparait le premier du domaine de l'histoire naturelle. ”
Étienne Vacherot,
Essais de philosophie critique
(1864)
“ Quand Aristote veut définir ce qu' il faut entendre par la matière , la forme ou l' essence , la vie , l' âme , l' esprit , le bien , le parfait , il ne s' égare point dans des spéculations abstraites ; il procède toujours par observation , et prend des exemples dans la réalité la plus simple et la mieux connue . En lisant le XII e livre de la Métaphysique , consacré surtout à la théologie , on admire comment ce grand et profond esprit s' élève jusqu' au sommet de la Nature sans perdre terre , et retrouve le type de la divine perfection dans la conscience humaine . ”
Toussaint Debrou, La Vie, différentes manières de la concevoir et de l'expliquer… (1869)
“ Car Aristote avait en quelque sorte goûté au fruit défendu, à la science du bien et du mal, par ses connaissances en histoire naturelle et en biologie, et son vaste génie avait pu puiser la lumière à toutes les sources d'où l'on voudrait faire sortir aujourd'hui la ruine du spiritualisme. On peut donc affirmer que la philosophie grecque a eu une connaissance exacte et claire de la séparation qu'on doit établir entre l'âme pensante et l'organisation. ”
Pierre Larousse,
Grand dictionnaire universel du XIXe siècle
“ Or Aristote est moins ancien que Platon, et Platon l’est moins que Pythagore. Aristote a-t-il cru Platon sur parole ? Imitons Aristote en nous défiant de lui. Il n’y a pas d’opinion si ancienne qui n’ait été neuve un certain jour. Si l’âge est la marque et la mesure du vrai, notre siècle vaut mieux que celui d’Aristote, puisque le monde a aujourd’hui vingt siècles de plus. ”
“ C’est par Aristote que nous éclairons Aristote, par Platon, par les commentateurs, et, lorsqu’il nous arrive de parler en notre nom, c’est toujours sous l’inspiration des hommes qui ont pénétré le plus profondément dans la pensée d’Aristote, ou du moins c’est leur pensée que nous croyons reproduire. ”
“ Une chose qui a souvent frappé, et qui a pu influer beaucoup sur le jugement général que l’on porte de la philosophie d’Aristote, c’est que, dans un traité qui a pour objet la recherche des principes les plus élevés de la science, dans un traité sur la philosophie première, sur l’être, sur Dieu, il prenne pour point de départ l’expérience sensible. À chaque instant Aristote s’appuie sur les données expérimentales, il nous y ramène sans cesse, il formule même les lois de l’expérience. ”
