Claude Boyer

Résumé

Claude Boyer Judith, tragédie

Judith, une femme, elle seule à nos yeux
Ose tenter sans nous cet effort glorieux !
JUDITH
Nul autre n'aura part à ce fameux ouvrage ;
Achior, je ne puis en dire davantage ;
À Ozias
Vous, allez rassurer un peuple plein d'effroi ;
Et du reste, Ozias, reposez-vous sur moi.
Scène VI
Ozias, Achior
ACHIOR
Quel langage, Ozias ! Il s'agit de la gloire,
Du salut d'Israël, d'une grande victoire ;
Judith vous en répond. J'admire sa fierté ;
Le Ciel s'explique-t-il avec tant de clarté,
Qu'elle ose s'assurer d'un secours infaillible ?
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Claude Boyer Judith, tragédie

Mais pour ce dernier coup que Judith doit porter,
Quelles armes le Ciel lui voudra-t-il prêter ?
Là le fer d'Holoferne à ses yeux se présente.
Elle le prend d'abord, mais d'une main tremblante.
Cette horreur que l'on sent pour les assassinats,
Lui glace le courage, et lui retient le bras.
Pour surmonter sa crainte et rassurer son âme,
Vers le Ciel elle lance un regard tout de flamme :
Ses voeux sont exaucez : et le Ciel dans son coeur
Verse subitement une sainte fureur ;
Ses yeux brillent d'un feu plus vif que de coutume
Et d'un éclat plus fier son visage s'allume.
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Claude Boyer Judith, tragédie

JUDITH , à part.
Je fais tous ses malheurs. Dure nécessité !
MISAËL
Si tu ne me crois pas digne d'être écouté,
Par une prompte mort...
HOLOFERNE
Oui, tu mourras, parjure,
Moins pour ton attentât que pour ton imposture.
Qu'on aille l'immoler à mon juste courroux.
JUDITH
Non, il cherche à mourir : ce supplice est trop doux.
Il faut que dans les fers il gémisse, il soupire,
En voyant sur les Juifs étendre ton Empire.
Qu'il vive, et qu'apprenant ta gloire et ton bonheur,
Il en meure cent fois de rage et de douleur.
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