Résumé

Nicolas Mary L’Illustre comédien ou le martyre de Sainct Genest tragédie

Plutôt que je viole ou mes voeux, ou ma foi,
Que ces puissantes mains qui gouvernent la foudre,
D'un rouge trait de feu me réduisent en poudre.
Puissé-je être des Dieux, et des hommes l'horreur,
De tous les éléments éprouver la fureur, [480]
Et si jusqu'à ce point mon jugement s'oublie,
Que je sois à jamais haï de Pamphilie.
Aristide Quoi, c'est là le sujet qui te trouble si fort ?
C'est là l'occasion qui cause ton transport ?
Et l'importunité d'une soeur, et d'un Père, [485]
Est le mal qui t'afflige, et qui te désespère ?
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Nicolas Mary L’Illustre comédien ou le martyre de Sainct Genest tragédie

Cher Aristide au moins tirez-nous de souci,
Obligez Anthenor, et Luciane aussi.
Aristide Ha ! que cette demande est ridicule et vaine !
Pouvez-vous ignorer le sujet de ma peine ?
Les traits qui m'ont blessé ne vous touchent-ils pas ? [1325]
Votre Compagne, ô Dieux ! est proche du trépas,
Et celui qui pour vous avait tantôt des charmes
L'accompagne à la mort, et vos yeux sont sans larmes.
Ô ciel, qu'un faible effort change notre destin
S'il ne peut être ferme et constant un matin ! [1330]
Quoi donc, brave Genest, et rare Pamphilie,
On vous laisse mourir, de plus on vous oublie !
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Nicolas Mary L’Illustre comédien ou le martyre de Sainct Genest tragédie

Scène III Anthenor, Genest, Luciane.
Anthenor Hé bien, s'est-il rendu ce rebelle courage ?
Luciane Aussi peu qu'un Rocher qui battu de l'orage
Méprise les assauts, et de l'onde et du vent,
Et paraît à nos yeux plus ferme que devant. [380]
Genest Cette comparaison n'est pas mal assortie,
Mon coeur et le Rocher ont de la sympathie,
Car si l'un par les vents ne se peut émouvoir,
Les soupirs ont sur l'autre aussi peu de pouvoir.
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