Résumé

Collectif Revue pédagogique, second semestre 1891

L’union de la doctrine et de l’expérience, voilà donc ce qui constitue la pédagogie. Elle n’est féconde qu’à ce prix. Les uns peuvent l’étudier dans ses principes, les autres la suivre dans le détail des applications ; c’est ainsi que l’œuvre s’enrichit : elle forme aujourd’hui, dans tous les pays, dans le nôtre non moins qu’ailleurs, ce que les Allemands appellent une littérature. Mais ceux qui font profession d’appliquer à l’éducation le fruit de l’œuvre commune sont tenus à la fois et d’avoir réfléchi aux fins de la pédagogie et d’en avoir observé les moyens.
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Collectif Revue pédagogique, second semestre 1891

Est-elle une science au sens absolu du mot ? S’il faut entendre par là qu’elle a sa base au plus profond de l’être dont elle est chargée de régler la vie ; qu’elle se compose d’une suite d’observations qui, reliées les unes aux autres, permettent d’en déduire une doctrine et d’en tirer des lois ; que tel système est préférable à tel autre parce qu’il fait plus équitablement la part de tous les besoins de la jeunesse, — la dénomination est exacte. On ne refuse pas le nom de science aux études expérimentales qui, par des analyses bien conduites, aboutissent à des synthèses justifiées.
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Collectif Revue pédagogique, second semestre 1891

La vérité est qu’il n’est pas de science morale qui, dans ses applications, puisse se passer du concours de l’art. J’ajoute qu’ici ce concours est une absolue condition de succès. Le danger sans doute est qu’on prenne des expédients pour une méthode et qu’on confonde l’art avec les artifices. Mais où la science est solide et intelligente, l’art ne peut être que sérieux et sincère. Ce n’est point un talent commun, certes, que de s’établir dans la conscience de l’enfant, de s’en rendre maître en la ménageant, de la guider sans la contraindre.
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