Résumé

H. Roorda van Eysinga Les Effets de l’Education moderne

Il doit croire ce qu’on lui dit et ne pas l’oublier. À l’école le vrai et le faux n’éveillent pas dans l’enfant des sentiments contraires. Ce qu’il affirme lui est indifférent. Et, parce que son verbiage d’écolier est à peu près sans relation avec ses préoccupations habituelles, avec sa pensée intime, avec sa vie profonde, ses paroles, plus tard, exprimeront rarement ce qu’il aura lui-même vu ou senti. Avec une aisance toujours plus grande il trouvera les phrases neutres qu’on attend de lui comme de chacun.
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Mais beaucoup de pédagogues apprécient davantage le zèle et la docilité de l’élève que son intelligence. La pensée libre de l’enfant, ce serait l’imprévu, ce serait le désordre.
En somme, l’enfant n’exprime presque jamais sa propre pensée lorsqu’il débite une phrase qu’il a lue dans un livre. En songeant à l’affreux verbiage qu’on exige de lui, on serait tenté de dire que le mot est un instrument pour grandes personnes. C’est la richesse de notre vie mentale qui détermine pour nous le contenu des mots que nous prononçons et de ceux que nous entendons.
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Toute la question est de savoir s’il est vraiment utile de classer ceux-ci en bons et en mauvais élèves. Ces derniers sont toujours les plus nombreux et ils constitueront la partie la plus considérable de la nation. Il faudrait donc que l’École parvînt à les « préparer à la vie » aussi bien que leurs camarades plus studieux. La société a d’ailleurs des jugements qui ne concordent pas avec ceux des pédagogues. Mais ce n’est pas le moment d’insister.
Quoi qu’il en soit, l’écolier, cependant qu’on l’interroge, essaie de donner le change sur son ignorance réelle.
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