“ Par la foi le Christianisme s’empare de l’intelligence et la tire de ses ténèbres ; par la charité il régénère la volonté et la relève de ses turpitudes. Ce qu’il fait croire à la première, à la seconde il le fait aimer il les fait toutes deux se rencontrer sur la route pour tendre ensemble à une même fin, qui est Dieu. Voilà comment il rétablit l’harmonie primitive de l’âme et, pour que l’harmonie ne soit pas troublée, pour que la foi ne chancelle point, pour que la charité ne défaille jamais, une société est instituée, croyante, aimante, harmonieuse, et cette société, c’est l’Église. ”
Frédéric Ozanam
Résumé
Mélanges, recueil de réflexions de Frédéric Ozanam, explore les fondements du christianisme à travers des thèmes tels que la charité, la fraternité et la doctrine religieuse. En s'appuyant sur des exemples comme la charité régénératrice ou la critique de l'égoïsme social, Ozanam met en avant le rôle de l'Église comme fondement d'harmonie entre foi et action.
Ce texte, publié au XIXe siècle, mêle théologie, philosophie et engagement social, illustrant la tension entre les besoins de l'humanité et les valeurs chrétiennes. L'œuvre souligne l'importance de la solidarité face à la pauvreté, ancrée dans une vision du monde où le divin et l'humain s'entrelacent.
Citations de Mélanges (Frédéric Ozanam)
“ La Providence n’avait point créé une âme aussi prodigieuse que celle de saint Thomas pour lui donner un rôle passager, pour en faire la pierre d’achoppement d’une institution politique. La féodalité, comme toute chose terrestre, recèle deux principes, dont l’un est bon, l’autre mauvais : un principe de générosité, d’honneur, de chevalerie, et aussi un principe d’égoïsme, qui tend à tirer, tout à soi, à multiplier le travail et l’obéissance du grand nombre pour accroître le bien-être de quelques-uns. L’Église, chose céleste, n’a qu’un principe unique, un principe excellent, la charité. ”
“ La Charité, s’associant aux desseins de la Bonté divine, s’épanche au dehors et produit les Œuvres. L’Espérance prend son essor vers cette Beauté parfaite qui se cache à ses yeux, et elle se donne deux ailes, la prière et le sacrifice : elle essaye de représenter par les signes ce qu’elle ne voit pas, et elle crée le symbole. De la prière, du sacrifice et du symbole, se compose le culte. Foi, Espérance, Charité voilà les trois anneaux de la chaîne merveilleuse qui rattache l’existence présente à l’existence future, et qui pour cela s’appelle Religion. ”
