François Laurent

Résumé

François Laurent Études sur l'histoire de l'humanité… (1855-1870)

C'est ce que Luther fit en tournant contre elle le péché originel, la grâce, la prédestination et la rédemption. La victoire fut grande et salutaire à l'humanité. Est-ce à dire que le dogme de la justification et les croyances qui y tiennent, soient l'expression de la vérité et doivent rester la religion de l'avenir? Non, elles n'ont été, au point de vue providentiel, qu'une arme de guerre; la lutte est finie, la bataille est gagnée, l'arme doit être mise de côté. Libre des entraves de l'Église, le genre humain fait son chemin, sous l'inspiration et avec l'appui de Dieu.
Source : Gallica

François Laurent Études sur l'histoire de l'humanité… (1855-1870)

Si donc l'Église exerce une juridiction, un pouvoir temporel, c'est une usurpation, usurpation aussi ridicule qu'absurde de la part d'un clergé qui affiche le mépris du monde. Il est vrai qu'il couvre ses envahissements du voile de la religion, mais la foi n'est qu'un prétexte pour légitimer son ambition ; c'est un filet pour spolier les laïques, une arme de guerre pour ruiner l'État. Les clercs ont si bien exploité la religion, qu'ils sont devenus les maîtres du monde. La domination de l'Église détruit l'État.
Source : Gallica

François Laurent Études sur l'histoire de l'humanité… (1855-1870)

Mais si le dualisme de la vie religieuse et de la vie laïque est faux, le fondement sur lequel repose le prétendu pouvoir de l'Église s'écroule. La vie laïque est aussi sainte que la vie des clercs; donc la société laïque n'est pas subordonnée à l'Église; elle a sa légitimité en elle-même; ce qui justifie l'émancipation de l'État, et entraîne sa sécularisation complète. En vain l'Église réclame sa suprématie spirituelle; voilà des siècles que cette suprématie s'en va, pièce par pièce. La marche de l'humanité, telle qu'elle se manifeste par l'histoire, nous révèle les desseins de Dieu.
Source : Gallica

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