Résumé

Portrait de Guglielmo Ferrero Guglielmo Ferrero Le Conflit européen d’après les documents diplomatiques

L’ambassadeur d’Allemagne est venu cette nuit insister de nouveau, mais dans des termes moins catégoriques, auprès de M. Sazonoff pour que la Russie cesse ses préparatifs militaires, en affirmant que l’Autriche ne porterait pas atteinte à l’intégrité territoriale de la Serbie.
« Ce n’est pas seulement l’intégrité territoriale de la Serbie que nous devons sauvegarder, a répondu M. Sazonoff, c’est encore son indépendance et sa souveraineté. Nous ne pouvons pas admettre que la Serbie devienne vassale de l’Autriche. »
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Ce qu’elle demandait, avec une si naïve bonhomie, n’était rien moins qu’une capitulation totale de la Russie. La Russie, comme en 1909, aurait payé les frais de la paix européenne ; et l’Allemagne serait sortie de cette crise avec un triomphe diplomatique. Aussi il n’est point surprenant que cette démarche allemande ait échoué. Londres et Paris répondirent que l’endroit où il fallait agir pour sauver la paix, c’était Vienne, et non Saint-Pétersbourg [20]
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Se rendant à un désir qui lui en avait été exprimé par Sa Majesté l’Empereur de Russie, Sa Majesté l’Empereur d’Allemagne, d’accord avec l’Angleterre, s’était appliqué à accomplir un rôle médiateur auprès des cabinets de Vienne et de Saint-Pétersbourg, lorsque la Russie, sans en attendre le résultat, procéda à la mobilisation de la totalité de ses forces de terre et de mer. A la suite de cette mesure menaçante motivée par aucun préparatif militaire de la part de l’Allemagne, l’Empire allemand s’est trouvé vis-à-vis d’un danger grave et imminent.
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