Jacques Rivière,
De la sincérité envers soi-même
(1925)
“ Son vice n’est pas de me faire revenir sur moi-même ; elle n’est pas la réflexion du dilettante, le regard en arrière qui s’attarde et s’amuse ; elle est une pensée trop courte, un plaisir qui me saisit trop tôt. Et comment lutter là-contre, comment vouloir là-contre ? Je n’entreprends rien que comme suite d’un désir. Et tout désir est le pressentiment d’un plaisir. Mais que faire si je trouve le plaisir d’abord, s’il me suffit d’être pour le goûter, si tous les mouvements de mon cœur, dans le même temps qu’ils paraissent, me donnent joie ? ”
