Résumé

Portrait de Louis Blanc Louis Blanc Histoire de dix ans/Tome 3

La révolution de juillet elle-même, à son origine, n’avait présenté rien d’aussi imposant et d’aussi terrible. L’idée d’un combat était tellement présente à tous les esprits, qu’on arrachait en passant, pour s’en faire une arme au besoin, les pieux et les branches d’arbres. Le gouvernement flottait donc au hasard, en dépit des mesures prises, car la fidélité des troupes était chancelante, et l’on n’ignorait pas que l’épée de beaucoup d’officiers appartenait à la cause de la République ou à celle de l’Empire.
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C’est nier le progrès, c’est blasphêmer Dieu, c’est livrer d’avance le monde au gouvernement imbécile du hasard que de transformer en loi de l’humanité ce qui n’est qu’un phénomène résultant des vices d’une civilisation encore imparfaite. L’existence simultanée, au sein des nations, de deux intérêts en lutte, c’est un fait, mais c’est un mal : observez-le, mais que ce ne soit pas pour le régulariser, que ce soit pour le détruire.
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Harmonie, égalité, fraternité, voilà les trois vastes idées sociales qu’embrassait la définition donnée par Enfantin de la divinité, et l’on accusait les saint-simoniens de n’être pas une société religieuse de n’avoir sur Dieu d’autres notions que celles d’un panthéisme confus ! Quant à leurs cérémonies, le gouvernement n’était guère excusable de les ignorer, lui qui avait envoyé à Ménilmontant, pour s’en instruire, et ses commissaires de police, et ses gendarmes, et ses soldats. Il est vrai que les saint-simoniens s’occupaient tout autant de l’ordre temporel que de l’ordre spirituel.
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