“ Elle dit toujours de ce qu’elle ne sait pas, que c’est stupide. Il y a évidemment une humanité entière qui a vécu et qui vit, tout en ayant l’air d’avoir compris le sens de sa vie ; sans quoi, elle n’aurait pu vivre ; et moi, je dis que toute cette vie est un non-sens, que je ne puis vivre. Personne ne nous empêche de nier la vie par le suicide. Eh bien ! Alors, tue-toi, et tu ne raisonneras plus ! La vie ne te plaît pas, tue-toi ! Si tu vis sans pouvoir comprendre le sens de la vie, alors finis-en, mais ne te tourmente pas dans cette vie en racontant que tu ne la comprends pas ! ”
Léon Tolstoï
Résumé
Les Confessions de Léon Tolstoï, publié en 1879, plonge dans une quête existentielle troublée par la foi, la science et l’orgueil humain. L’auteur interroge le sens de la vie, la vaine apparence de l’existence et la tension entre la raison et la spiritualité, affirmant que la religion, loin d’être un phénomène extérieur, est ancrée dans l’essence même de l’être.
À travers des réflexions percutantes sur la mortalité et l’impuissance des savoirs, Tolstoï dénonce l’absurdité de la vie sans Dieu, tout en contestant la pertinence de l’orthodoxie. Son texte, à la frontière de la philosophie et de la spiritualité, résonne comme un appel à retrouver un lien essentiel avec l’essence de l’existence.
Citations de Les Confessions (Léon Tolstoï)
“ Que sommes-nous, sinon les gens les plus faibles, les plus inconséquents et, tout simplement, les plus stupides, qui affichent leur stupidité, comme un clown son toupet ? Notre sagesse, quelque indéniable qu’elle soit, ne nous a pas donné de connaître le sens de notre vie ; tandis que toute l’humanité qui fait la vie, des millions d’êtres, ne doutent pas de son sens. En vérité, depuis ces temps lointains que la vie, dont je sais quelque chose, existe, il se trouva des hommes connaissant ce raisonnement de la vanité de la vie, qui m’avait amené à la trouver absurde. ”
“ Que le philosophe appelle essence de la vie, qui est en moi et en tout ce qui existe, les idées, la substance, l’esprit ou la volonté, il ne veut dire qu’une même chose : que cette essence existe, que je suis cette essence. Mais pourquoi existe-t-elle ? il n’en sait rien, et s’il est un penseur sincère, il ne répond pas. Je demande : « Pourquoi cette essence existe-t-elle ? Que résultera-t-il de ce qu’elle est et sera ? » Et la philosophie non seulement ne répond pas à cette question, mais elle-même la pose. ”
