Maurice Chévrier

Résumé

Maurice Chévrier M. Vitet, de l'Académie française (1869)

Il semble qu'on reconnaisse, rien qu'au choix de ses premiers ouvrages, les tendances qui portent M. Vitet vers l'art. C'est au XVIe siècle qu'il s'adresse. Y a-t-il, en effet, dans notre histoire un moment mieux fait pour séduire une âme d'artiste ? La nuit du monde féodal s'effaçant devant l'aurore d'un monde nouveau, la pensée humaine affranchie par les grandes découvertes, l'imprimerie lui donnant un essor incalculable, le choc des passions les plus diverses et les plus exaltées, la recherche enthousiaste du beau, tout concourt à captiver l'esprit.
Source : Gallica

Maurice Chévrier M. Vitet, de l'Académie française (1869)

De même, on s'indigne avec M. Vitet du vandalisme incroyable des architectes chargés d'ordonner le sacre de Charles X. Dans la prévision que l'enthousiasme du peuple, joint aux décharges d'artillerie, pourrait ébranler l'air, ils avaient imaginé de casser les têtes d'un grand nombre des statues qui décorent la cathédrale de Reims, autant de chefs-d'œuvre du XIIIe siècle, c'est l'âge d'or de notre sculpture nationale, tant ils craignaient de voir ces têtes tomber sur celle du roi. On n'est pas plus grotesque, ni plus barbare.
Source : Gallica

Maurice Chévrier M. Vitet, de l'Académie française (1869)

Mais M. Vitet n'est pas homme à en user de la sorte ; il s'est mis tout entier à l'œuvre. Son ardeur, sa perspicacité, s'étendent à tout. Il faut lire, pour s'en convaincre, le beau rapport qu'il rédigea en 183 1, à la suite d'une tournée dans le nord-est de la France. On demeure confondu devant la sûreté de son jugement, son active prévoyance, et, pourquoi ne pas le dire en passant, devant ces spirituelles saillies qu'il répand à pleines mains. Car il sait jeter des fleurs sur tout ce qu'il touche, même sur les sujets les plus arides.
Source : Gallica

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