Paul Henri Thiry d’Holbach

Paul Henri Thiry d’Holbach

Résumé

Portrait de Paul Henri Thiry d’Holbach Paul Henri Thiry d’Holbach Le Christianisme dévoilé

On dira, sans doute, que la crainte des chrétiens est une crainte filiale ; mais les mots ne changent rien à l’essence des choses ; la crainte est une passion totalement opposée à l’amour. Un fils, qui craint son pere, qui a lieu de se défier de sa colere, qui redoute ses caprices, ne l’aimera jamais sincérement. L’amour d’un chrétien, pour son dieu, ne pourra donc jamais être véritable ; c’est en vain qu’il voudra s’exciter à la tendresse pour un maître rigoureux, qui doit effrayer son cœur, il ne l’aimera jamais que comme un tyran, à qui la bouche rend des hommages que le cœur lui refuse.
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Portrait de Paul Henri Thiry d’Holbach Paul Henri Thiry d’Holbach Le Christianisme dévoilé

Falloit-il qu’un Dieu parlât, pour leur montrer que des êtres rassemblés ont besoin de s’aimer et de se prêter des secours mutuels ? Falloit-il des secours d’en haut, pour découvrir que la vengeance est un mal, est un outrage aux loix de son pays, qui, lorsqu’elles sont justes, se chargent de venger les citoyens ? Le pardon des injures n’est-il pas une suite de ce principe, et les haines ne s’éternisent-elles point, lorsque l’on veut exercer une vengeance implacable ? Pardonner à ses ennemis, n’est-il pas l’effet d’une grandeur d’ame qui nous donne de l’avantage sur celui qui nous offense ?
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Si les Prêtres ont usurpé sur la puissance souveraine le droit d’instruire les peuples, que celle-ci reprenne ses droits, ou du moins qu’elle ne souffre point qu’ils jouissent exclusivement de la liberté de régler les mœurs des nations & de leur parler de la morale ; que le Monarque réprime ces Prêtres eux-mêmes, quand ils enseigneront des maximes visiblement nuisibles au bien de la société. Qu’ils enseignent, s’il leur plaît, que leur Dieu se change en pain, mais qu’ils n’enseignent jamais que l’on doit haïr, ou détruire ceux qui refusent de croire ce mystere ineffable.
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