Résumé

Pierre Lefranc Le Rastell électoral, par Pierre Lefranc… (1868)

L'Américain fait plus, il s'intéresse à la gloire et à la prospérité de sa patrie. Il ne s'étiole pus dans le cercle étroit de la vie privée, mais il respire le grand air de la vie publique que n'infectent pas les miasmes d'un rastell. En un mot, il est citoyen. En France, dans ce beau pays où un bon tiers des habitants ne sait ni lire ni écrire, il n'y a pas de citoyens, il n'y a que des administrés. Notre bon peuple ne se doute pas plus du sens que du texte des lois.
Source : Gallica

Pierre Lefranc Le Rastell électoral, par Pierre Lefranc… (1868)

De mes études, les fruits les plus certains et les plus doux, c'est d'abord une foi inébranlable dans le but de liberté et de solidarité universelle vers lequel nous tendons, puis un fonds inépuisable d'indulgence pour les hommes et les choses de mon temps. Je dédaigne plus je ne méprise, et je plains plus que je n'accuse. Ce bon peuple qui a été mon compagnon de voyage et que Circé m'a dérobé, je ne me sens pas le courage de le blâmer. C'est un enfant de vingt ans, puer robustus, sevré d'éducation; et parce qu'il vous abandonne pour courir au Rastell, faut-il donc le maudire?
Source : Gallica

Pierre Lefranc Le Rastell électoral, par Pierre Lefranc… (1868)

L'histoire de ce peuple, je la connais : elle est écrite sur tous les anneaux de la chaîne de misère et d'ignorance qu'il traine depuis quatorze siècles. A peine affranchi par un prodigieux effort d'héroïsme, il essaie de marcher et il cloche. Je regarde à ses pieds, et j'y vois encore les anneaux à demi brisés de cette chaîne qu'on essaie de ressouder. Grand Dieu ! que le progrès est lent de sa nature ! Il ne faut qu'un jour pour démolir les bastilles de pierre, mais les bastilles morales usent les béliers des siècles.
Source : Gallica

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