Pierre Violay

Résumé

Pierre Violay Hymnes de ma douleur : poèmes (1951)

Le vent s'emporte. La nuit survient. Ouvre la porte, Le rêve vient.
Fouille ton âme Comme un cachot; Là, cette flamme C'est un sanglot.
Elle crépite ;
Elle se meurt. C'est une fuite Et c'est un pleur.
Sombre, la tombe S'ouvre au destin, Et l'homme y tombe Chaque matin.
Tel est le Sort ; Au fond du noir Le ver se tord Comme un espoir.
Soleil d'amour, soleil de sang, Transport du cœur, essor des sens, Tison de feu et gloire sainte.
Je suis consumé dans ma plainte.
Source : Gallica

Pierre Violay Hymnes de ma douleur : poèmes (1951)

Coulez, douleurs, très inhumaines, Douces et pires sur nos peines.
Cortez et Cook et Magellan N'ont vu poursuite si cruelle.
Le poison crû de ce tourment Exalte la bête rebelle Qui hurle et brûle dans mon sang.
O douleur ! reine souveraine,
Qui vient toujours dessus la peine !
L'hiver est un cachot Que la neige calfeutre, L'esprit est un manchot Que l'infini fait neutre.
Ce monde est un caveau Où toute vie étonne,
Et déjà le tombeau Absorbe ta personne.
L'homme va sur un flot Qui jamais ne s'arrête... Stupeur ! plaisir ! sanglot ! Est-ce deuil ? est-ce fête ?
Source : Gallica

Pierre Violay Hymnes de ma douleur : poèmes (1951)

La tristesse descend, ce soir, ô ma pauvre âme, Comme cette vapeur qui flotte au clair vallon, Elle descend, voilée et tiède, tout au long De ma lente pensée où ta ferveur se pâme.
Effroi mystérieux, langueur de l'humble chair, Etonnement secret de l'esprit qui raisonne, C'est comme cette chûte où la neige frissonne Au crépuscule éteint d'un soir de fin d'hiver
Source : Gallica

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