Sigismond Krasinski

Résumé

Sigismond Krasinski Revue des Deux Mondes

IV Où est cet ange qui, après les épreuves du martyre et l’heure de la mort, le troisième jour marqué pour la résurrection, brise la pierre du tombeau ? Il délivre les dieux et non pas les hommes ! Où est ce second messager du ciel, qui, la nuit, arrachant les verrous des portes mamertines, enlève les saints du Seigneur d’entre les mains des bourreaux ? — Mais moi, je ne suis pas un élu, — et aujourd’hui ce sont d’autres temps ! — Le bras de l’ennemi est plus dur que celui de la mort, — car il te saisit encore vivant et te tient dans un cercueil d’où ton intelligence ne ressuscitera pas !
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Sigismond Krasinski Revue des Deux Mondes

XXXV Après ces souffrances terrestres, je ne désire point conserver mon âme vivante pour endurer d’autres tourmens. — Il n’y a pas d’amour dans ce monde ni hors de ce monde ; — partout l’ironie aussi immense que l’immensité ! — Dieu n’est pas un père, ni les anges des frères ; — le ciel ou la terre, ce sont les mêmes déceptions ! — Je renonce à mon immortalité, elle ne fait que changer la douleur en une autre douleur. — Moi, j’ai assez de mal, assez d’angoisses.
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Sigismond Krasinski Revue des Deux Mondes

« Ici gémit seulement le crime ; — il n’y a là d’autres prisonniers que les assassins et les parricides. » Mensonge ! oh ! mensonge ! ne le croyez pas, ô mes frères ! — Et de nouveau la voix des miens retentit au-dessus de la plaine de neige : « Ce n’est pas de pareilles victimes que nous sommes venus chercher dans ce pays. — La Pologne est sainte ; elle ne rend la vie qu’aux martyrs de sa sainte cause ! Que le vil assassin pourrisse dans le cachot moscovite ! — Dieu seul peut l’absoudre dans le ciel ; — la Pologne, sur cette terre, n’a pas de pitié pour lui. »
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