Résumé

Victor Egger Revue des Deux Mondes

Il n’en est pas de même de l’anatomie du cerveau ; l’essor lui est défendu ; elle ne s’élèvera aux lois qu’en perdant son nom, sa méthode, la sûreté de ses recherches ; il faut qu’elle devienne une physiologie, qu’elle passe de l’observation palpable, évidente, à l’hypothèse aventureuse, qu’elle scrute, non plus le cadavre, instrument inerte et docile, mais le malade, être vivant qui réagit, chaos de phénomènes complexes et obscurs, mystère plein de contradictions.
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Il sait aussi ce que veulent dire les mots savoir, croire, hésiter, désirer, vouloir, aimer, craindre, il sait que toutes ces choses constituent ce qu’il appelle je, moi, lui-même, son caractère, son âme, si ce mot ne lui est pas étranger, sa personne, en tant qu’elle ne se voit pas, et qu’il peut, s’il a quelque empire sur sa physionomie, la cacher à tous les yeux. Sa science, en ce domaine comme dans les autres, va aussi loin et ne va pas plus loin que le langage qu’il parle et qu’il entend.
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L’âme n’est que « l’ensemble des fonctions du cerveau, » et la psychologie qu’un chapitre de la physiologie. Pour l’élever au rang de science digne de ce nom, il faut procéder comme pour les fonctions du cœur et de l’estomac ; le problème est du même ordre, la méthode identique.
Les esprits les plus éminens et les plus indépendans de l’École de médecine de Paris se sont faits les champions de cette idée. Aucun n’a reconnu les obstacles insurmontables que la logique oppose aux prétentions envahissantes de la physiologie.
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