E. Vacherot

Résumé

E. Vacherot Les Physiologistes

Si la psychologie réclame contre une telle usurpation, la physiologie lui répond : Taisez-vous, vous n’êtes pas une science, et la science seule est juge en ceci comme en tout le reste. Votre sentiment de la liberté, de la responsabilité, n’est qu’une illusion ; votre analyse de la volonté, n’étant point d’accord avec nos explications, n’a aucune autorité scientifique. Il est vrai que l’homme se croit l’auteur de ses actes : il peut être bon qu’il le croie pour la persévérance des efforts et le développement du caractère ; mais c’est là tout ce que la science peut accorder.
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E. Vacherot Les Physiologistes

Pour faire la science de l’homme, il faut pratiquer tous les genres d’observation, l’expérience physiologique, l’expérience historique, l’expérience psychologique ; mais il faut bien savoir aussi que, sans les intimes révélations de la conscience, aucune de ces méthodes ne peut rien nous donner de clair, de sûr, de profond, sur notre nature intime. En un mot, si la conscience n’est pas la science elle-même, elle en est la lumière nécessaire chaque fois qu’il s’agit de voir au fond de l’être humain.
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E. Vacherot Les Physiologistes

En ce sens, il est juste de dire que la liberté est en raison inverse de l’entraînement des passions et en raison directe de l’intuition des idées. Oui sans doute, moins l’homme a de passions, et plus il a d’idées, plus il est libre. L’état de sagesse est le moment de suprême liberté, sous le règne de cette sorte de nécessité morale qui peut être absolue chez l’être parfait, mais qui n’est jamais entière chez l’homme le plus sage. C’est qu’en effet l’obstacle à l’exercice du libre arbitre n’est pas dans l’action des idées ; il est dans l’action des passions sur l’être libre.
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