Émile Saisset

Résumé

Émile Saisset La Philosophie positive

Elle prétend au titre de science d’observation ; mais qu’observe-t-elle ? Est-ce l’homme, l’espèce humaine ? Non ; c’est le moi. Et qu’est-ce que le moi ? Un être isolé, sans lien avec la nature, qui se replie sur lui-même et se contemple solitairement. Ce moi sans organes est une pure abstraction. Il s’observe, dites-vous ; mais qu’a-t-il à observer ? Il ne fait rien, il ne produit rien. S’il agissait, il ne pourrait s’observer. Séparé du corps, de la société, de la vie réelle, renfermé en soi, sans passion, sans idées, sans but pratique, il est condamné à l’inertie.
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Émile Saisset La Philosophie positive

Pour observer la vie, il faut vivre ; pour vivre, il faut agir ; pour agir, il faut un corps, une terre, une société. Votre moi qui vit sans agir, qui observe la vie et qui l’a perdue, est une contradiction. On voit trop bien que tout ceci n’est pas sérieux, que cette psychologie, tant célébrée comme science d’observation, n’est qu’un effort désespéré pour substituer à une métaphysique décriée de nouveaux systèmes parés d’un faux semblant d’exactitude, un ingénieux moyen de dérober aux sciences physiques leur prestige, et de spéculer à son aise sous la protection d’expériences imaginaires.
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Émile Saisset La Philosophie positive

Réduits aux sciences de la nature, vous prétendez en faire la philosophie, et pour cela vous niez toutes ces idées absolues qui seules peuvent leur fournir une base solide et de fécondes directions. Enfin vous couronnez toutes ces négations par une négation suprême qui laisse la nature entière sans cause et sans loi, l’esprit humain sans principe, la vie sans but, l’humanité sans frein, sans idéal et sans espérance. Et vous décorez cela du beau nom de philosophie positive, et vous croyez ouvrir à la pensée humaine une ère nouvelle d’affranchissement et de progrès !
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