Résumé

Wilhelm Fröhner Céramique. — Anthropologie des vases grecs

Le front, le nez, les oreilles, la bouche, les lèvres, les dents, la barbe, sont communs aux vases et aux hommes. Souvent le plateau porte un diadème ; on parle d’assiettes à la mitre d’or. Quelle image plus orientale que ce front de safran qu’un savant athénien prête à une amphore destinée au culte ! On dirait une jeune fille de l’Inde, au teint bronzé, sacrifiant à ses idoles. D’un vase à rebords, on dit qu’il cache son front, comme si le rebord en surplomb était sa chevelure. La lampe a son nez, et lorsqu’elle est munie de deux becs, on les compare aux narines.
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Wilhelm Fröhner Céramique. — Anthropologie des vases grecs

Ils fabriquent des coupes et des amphores de la même terre dont Prométhée formait les premiers hommes, mais ils les rendent insensibles à la douleur, et, plus heureux que nous, le vase n’a pas conscience de ses peines. On aura beau le mutiler, l’user par mille froissemens, lui infliger de cruelles brûlures, il supportera tout sans émotion ; bien au contraire, quand la bouilloire est exposée au feu, et que ses tortures et ses anxiétés nous semblent intolérables, elle se met gaîment à chanter, car le son strident que produit l’eau chaude s’appelle le chant de la bouilloire.
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Wilhelm Fröhner Céramique. — Anthropologie des vases grecs

Le chaudron mis sur un bon feu commence à chanter, non pas d’une voix de pot cassé, mais en cadences à grand effet qui réjouissent l’auditoire.
En France malheureusement tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse. Les anciens avaient le sentiment plus délicat, trop délicat pour admettre qu’un vase qui leur avait servi pendant des années pût s’en aller prosaïquement en morceaux, jeté contre une borne ou échouant contre la margelle du puits. Il y avait dans ce temps-là des rapports bien plus intimes entre l’homme et la chose qu’il n’en existe de nos jours.
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