Étienne Geoffroy Saint-Hilaire

Résumé

Étienne Geoffroy Saint-Hilaire Annales des sciences naturelles

Or, ce que l’on en sait, c’est que les peuples des parties centrales de l’Afrique disputent au Lion la Girafe, qu’ils trouvent à sa poursuite les mêmes avantages, à sa possession la même utilité, qu’ils la considèrent et la recherchent comme un excellent, et surtout comme un très-abondant gibier. Elle est pour les noirs Africains, ce que sont pour les Européens les bêtes fauves de nos forêts. On a dit des Cerfs qu’ils peuplent, embellissent, animent nos bocages, qu’ils servent aux délassemens et aux plaisirs des grands de la terre. Pourquoi n’en dirait-on pas tout autant de la Girafe ?
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Effectivement, comment croire qu’un animal d’un volume aussi considérable se tienne où ne serait pour lui aucune ressource d’alimentation ? Un sol âpre et brûlé du soleil, comme est celui du désert, ne saurait rien fournir, pas plus à la Girafe qu’à d’innombrables troupeaux d’Antilopes, qui s’y trouvent répandus à des heures marquées. Tous ces animaux sont d’autant plus exigeans sur la nature et l’abondance des pâturages, que leur grande taille rend plus considérable leur consommation.
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Le désert n’est donc pour ces animaux légers à la course qu’un lieu de refuge, comme sont nos forêts pour les sangliers qui ont ravagé des champs dans les plaines voisines. Le désert, qui procure en Afrique de vastes emplacemens à horizon fort étendu ; est ainsi le lieu que préfèrent, après s’être repus, les Girafes et les Antilopes, toujours entourés d’ennemis puissans et excités par une faim dévorante : là ces animaux sont dans un éveil continuel et pleinement efficace ; car dans le désert ils voient à une grande distance
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