A. Champfleury

Élements biographiques

A. Champfleury,  Les Sensations de Josquin

“ LES SENSATIONS
DE JOSQUIN
I. – LES ORGUES DE FRIBOURG. J’étais à Berne ; on prononça devant moi le nom de Fribourg : aussitôt un souvenir de jeunesse me monta au cerveau, comme une de ces odeurs pénétrantes qu’on a respirées dans un temps éloigné, qui se représentent tout d’un coup, et qui feraient croire que l’odorat a de là mémoire. Je me souvins des orgues de Fribourg, — ainsi qu’on se souvient de ces livres merveilleux, le Robinson Crusoé par exemple, — qui dans mon esprit étaient notées à l’égal des grandes merveilles de l’univers.
”
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A. Champfleury,  Les Sensations de Josquin

“ Il est si simple dans la vie de dire aux gens : Je pense comme vous, et de sous-entendre : Je ne pense pas comme moi, qu’avec cet innocent jésuitisme on arrive à la tranquillité la plus parfaite dans la conversation, et qu’on est cité comme un homme charmant dans le monde. Les raisons pour lesquelles je n’admets pas en musique l’imitation des bruits de la nature auraient demandé une heure de discussion : mon hôte n’y eût rien compris ; m’eût-il compris, il serait resté convaincu que l’orage de l’organiste de Fribourg est ce qu’il y a de plus élevé, musicalement parlant. ”
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A. Champfleury,  Les Sensations de Josquin

“ Je ne sais guère ce qui se passa en moi pendant quelques secondes ; une émotion inexprimable s’était emparée de moi, mes lèvres avaient pris feu à ce verre, et une douce flamme parcourait tout mon corps. Quand je revins à moi, Christen avait disparu, et je me trouvai seul près de Gritti, dont je tenais toujours les mains dans les miennes. Tout à coup une vision diabolique se dressa dans un coin de la chambre : un grand rideau jaune, à moitié fermé, laissait voir une alcôve et un lit. ”
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