Auteur : Jean Ruinat de Gournier

Élements biographiques

Auteur : Jean Ruinat de Gournier Revue des Deux Mondes

BERNARDIN DE SAINT-PIERRE
(LETTRES INÉDITES) Bernardin de Saint-Pierre avait cinquante-six ans, lorsqu’il épousa Félicité Didot, qui en avait vingt [1] . Par l’effet de quel étrange hasard, cette gracieuse et « vivante » jeune fille aima-t-elle cet homme grincheux et âgé ? C’est là un mystère qu’il ne faut point chercher à éclaircir ; et ce qui vient encore le rendre plus impénétrable, c’est que l’être insociable et mécontent que Bernardin avait été durant sa jeunesse, alors qu’il voyageait, qu’il travaillait, qu’il écrivait, resta le même lorsqu’il fut amoureux.
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Auteur : Jean Ruinat de Gournier Revue des Deux Mondes

Tandis qu’il songeait à son Voyage à l’Ile de France, et qu’il fréquentait chez les philosophes auxquels d’Alembert l’avait présenté, comme il vivait, sans le sou, des libéralités que lui faisaient ses amis, cet égoïste, qui n’avait jamais aimé que pour lui-même, s’avisa alors que dans un mariage riche il trouverait peut-être de quoi satisfaire ses goûts et son ambition.
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Auteur : Jean Ruinat de Gournier Revue des Deux Mondes

Comment ces missives parvenaient-elles à leur destinataire ? c’est là, je crois, un point dont il n’a jamais été parlé. Certaines d’entre elles ont été confiées à la poste : le timbre qui les oblitère en fait foi ; d’autres ont été portées par un commissionnaire, ou même données par Bernardin à la mère de Félicité. Mais plusieurs d’entre elles semblent avoir été remises en cachette, de la main à la main, lorsque se rencontraient les deux amans : c’est donc là, peut-être, en partie, une correspondance secrète échangée furtivement, à l’insu des parens qui pourtant avaient agréé ce mariage.
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