Edmond Delière

Élements biographiques

Edmond Delière,  Deuil & gloire : (souvenirs de 1875… (1877)

“ De désastres sans nom effroyable légende, Contre tes souvenirs vainement je demande Un refuge. ; toujours le fléau me poursuit.
Ah ! n'est-ce pas hier que sous le ciel de France, Devant l'invasion d'un torrent en démence, Le cri de la terreur montait de tous côtés : D'un élan, la Garonne a brisé ses entraves Et, sous le frein de l'homme indociles esclaves, Ses flots hors de leur lit se sont précipités !
Les voyez-vous livrés à leur aveugle rage !
Ont-ils donc emprunté les ailes de l'orage
Pour mieux semer partout la ruine et la mort ?
”
Source : Gallica

Edmond Delière,  L'Anniversaire, par Edmond Delière… (1873)

“ Gardons le souvenir de nos sombres défaites, Qu'il nous suive partout, dans nos deuils, dans nos fêtes; Entretenons sa flamme avec un soin jaloux.
Mais, mesurant l'espace agrandi par nos 'pères, A Ne laissons pas la haine aux aveugles colères Resserrer l'horizon qui s'étend devant nous.
Oui, veille, ô souvenir ! Par le malheur trempée, La France doit, tenant la main sur son épée, Attendre l'heure. Mais qu'elle n'abdique pas La souveraineté qui triomphe sans larmes.
Les gloires de l'esprit à la gloire des armes Ne doivent point céder le pas !
”
Source : Gallica

Edmond Delière,  Le blessé : ballade moderne, couronné par la Société académique de Saint-Quentin (1878)

“ Parmi les fleurs qu'elle caresse De son regard qui voit le ciel, La muse peut, dans son ivresse, Rêver un printemps éternel.
Mais il ne faut pas que la muse S'attarde à de stériles jeux.
La chimère qui nous abuse N'emplit pas un cœur généreux.
La muse qu'en son vol effleure L'essaim des souvenirs lointains, Peut bien dans l'âtre où le vent pleure Remuer des rêves éteints.
”
Source : Gallica

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