Jean Tournassus

Élements biographiques

Jean Tournassus,  Nous, soldats ! (1918)

“ Un ciel qui, dans ce crépuscule d'or nous rend l'espoir, l'espoir qui ranime, l'espoir qui enchante.
Un ciel de fin de jour, recueilli, mystérieux, agrandi. Et clair, si clair que nos yeux s'ouvrent à la lumière comme s'ils s'ouvraient à une foi nouvelle.
Nous restons là, oubliant la détresse de l'ombre nocturne, le cœur tourné vers cette lumière naissante. Lumière de paix, d'espoir, lumière de soir de bataille ; lumière d'apaisement pour tous les jeunes hommes que nous
sommes, pour tous les blessés, pour toute la France martyre.
”
Source : Gallica

Jean Tournassus,  Nous, soldats ! (1918)

“ Une lumière s'est levée dans la nuit de mon cœur, un espoir : la vie. La vie qu'on me rend: « Ma vie » que tiennent ces deux hommes qui me sauvent.
Voici que j'ai peur que leurs bras ne faiblissent, peur de ces flammes qui tout autour de nous brûlent comme des buissons ardents ; peur pour eux, peur pour moi, pour nous.
Leurs yeux sont mes yeux; leurs jambes, mes jambes ; leurs cœurs, mon cœur ; leur vie, ma vie Si nos corps sont distincts, une même âme nous anime. Nous ne sommes plus que trois pauvres soldats, perdus sur cette terre de feu.
”
Source : Gallica

Jean Tournassus,  Nous, soldats ! (1918)

“ Il pleut, et la nuit est noire, si noire que nous sommes obligés de marcher à tâtons dans nos tranchées boueuses. Nos mains craintives s'agrippent aux parapets gluants.
Il pleut tristement : pluie mystérieuse qui nous embrume et nous étreint le cœur. Nos âmes comme nos corps frissonnent à ce contact froid qui nous transperce par cette nuit obscure, nuit d'angoisse, nuit sans lune, nuit sans espoir.
C'est peut-être la Mort qui déjà nous souffle son haleine glacée. J'ai peur de ce vide, de l'épaisseur de cette nuit. Je tiens mes lèvres closes, craignant de respirer cette ombre malsaine.
”
Source : Gallica

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