M. R. S.

Élements biographiques

M. R. S.,  Revue des Deux Mondes

“ Loin de vouloir qu’on trouve dans la langue française l’équivalent de chaque ligne bonne ou mauvaise qu’ait écrite Moore, je désirerais que l’on s’appliquât surtout à interpréter ce qu’il y a de grand, de fort et d’admirable dans le barde d’Erin, ce qui enfin constitue son originalité. Lorsqu’un écrivain, lorsqu’un poète est réellement supérieur, ce qu’il y a de complet dans ses œuvres, c’est ce qu’il y a de beau. Tout le reste ne sert, au contraire, qu’à le décompléter en quelque sorte, qu’à rompre l’unité de son talent. ”
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M. R. S.,  Revue des Deux Mondes

“ Le chantre de Lara, orgueilleux réprouvé, s’inspire de lui-même, c’est-à-dire du cœur humain, chante ses propres douleurs, c’est-à-dire celles de l’humanité, et entretient la génération contemporaine des inquiétudes, des doutes, des aspirations vagues, du malaise étrange, qui les dévorent tous deux. Rien ne s’entend mieux que deux malades qui souffrent de la même maladie ; aussi le siècle ne tarda-t-il pas à s’engouer de Byron. Moore au contraire, reçoit son impulsion d’une idée moins étendue et plus spéciale, l’Irlande. ”
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M. R. S.,  Revue des Deux Mondes

“ Comme presque tous les poèmes de longue haleine, Lalla Rookh présente de grandes inégalités. On ne peut songer à mettre au même rang les deux premiers récits du royal trouvère et le chant inspiré des Adorateurs du feu, ou ce charmant conte de fées, la Lumière du harem. C’est surtout par la composition que pèche le Prophète voilé de Khorassan. L’intérêt languit, et l’ensemble se trouve trop souvent sacrifié à des détails qui, bien qu’ayant leurs beautés propres, retardent l’action et étouffent la vie du sujet. Une idée donnée, toute création a deux formes, l’une conceptive, l’autre exécutive. ”
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