Résumé

Adolphe Aderer De la Critique littéraire. Lettre au directeur de l'"Austrasie… (1864)

Un article de critique n'est pas une ode; il y faut de l'impartialité, de la sagacité, de la finesse, de la raison surtout, qualités qu'on n'acquiert qu'avec l'âge. Sans doute il est beau de s'animer, de se passionner, de communiquer la flamme sainte de l'enthousiasme ; mais il est maladroit de s'animer hors de propos, de se passionner pour des sottises, et de brûler autrui avec le feu qui doit l'éclairer. Combien j'ai lu de dithyrambes critiques que les auteurs refroidis voudraient n'avoir jamais écrits! Le mal vient de ce qu'on prend une saison pour une autre.
Source : Gallica

Adolphe Aderer De la Critique littéraire. Lettre au directeur de l'"Austrasie… (1864)

Les jeunes gens débutent aujourd'hui par un article de critique, comme on débutait jadis par une ode au roi ou un bouquet à Chloris. Une fois engagés dans cette voie, ils y persistent, les uns par goût, un plus grand nombre pour n'en pouvoir sortir. Ce qui les attire et les retient, ce n'est pas, j'en suis convaincu, le plaisir de médire. Non, ils sont au-dessus de cette passion basse; et, ce qui le prouve, c'est que presque tous travaillent à éveiller l'admiration paresseuse du public. Mais de toutes les œuvres littéraires, la critique est la plus aisée à mal faire.
Source : Gallica

Adolphe Aderer De la Critique littéraire. Lettre au directeur de l'"Austrasie… (1864)

La beauté dans les ouvrages d'esprit est un reflet de l'intelligence divine ; en quelque endroit qu'il plaise à Dieu de le faire tomber, nous lui devons au moins notre respect.
Exiger du critique qu'il sache le latin et le grec, c'est peut-être un pédantisme; passons-lui ce point, s'il peut, sans posséder leur langue, assez connaitre les anciens pour les respecter et les aimer. Qu'il ait étudié tout au moins les écrits de notre dix-septième siècle où respire le souffle pur de l'antiquité.
Source : Gallica

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