Résumé

Portrait de André Beaunier André Beaunier Revue littéraire - Conteurs belges

Simon dit à Priska : « Mon pays est saturé d’un air inconnu au vôtre. Il y passe à la fois l’enivrement de la mer et la vigueur contenue dans les forêts profondes. On se sent près du ciel, si près que les clochers des villages déchirent de leur coq les nuages qui les frôlent. Autour de soi, partout, jusqu’au fond de l’horizon, les bois s’étendent ; ils sont roux maintenant, la feuille craque sur le sol, on entend galoper sous les hêtres les hardes des cerfs et des chevreuils... C’est le cœur de l’Ardenne, et c’est mon cœur aussi... »
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Tout art est une poésie ; et cela ne veut pas dire que l’artiste doive chercher son thème hors du spectacle quotidien. Mais alors, quelle poésie trouvera-t-il dans l’humble village où il demeure, sur la route où il se promène parmi les forains et les rustres endimanchés ? Cette banale médiocrité, comment la relèvera-t-il ? C’est toute la question du réalisme littéraire. Eh bien ! le sentiment qu’on ajoute à l’authentique réalité l’ennoblit. Nos écrivains, en général, recourent à quelque ironie ingénieuse, moquerie indulgente et, souvent, satire assez rude.
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Simon épouse Priska et l’emmène. Là-bas, en Ardenne, c’est maintenant Priska qui va souffrir. Dès le voyage, pour aller à Saint-Hubert, elle frissonne du changement : la ligne de l’horizon s’élève et enferme le paysage. L’air et la bruine la déconcertent ; Simon, lui, hume l’air et la bruine. Il faut l’amour rassurant de Simon pour empêcher Priska de défaillir. Et puis, en Wallonie, on a des habitudes de galanterie taquine et agaçante, qui tourmentent la rêveuse et fidèle Priska. Une Babette Hurtebise, coquette et luronne, s’occupe de Simon.
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