Résumé

Portrait de Edmund Gosse Edmund Gosse Revue des Deux Mondes

La détestable erreur de l’Allemagne, qui considère comme son devoir d’imposer à d’autres races son type particulier de culture, entraîne fatalement à sa suite les conséquences les plus désastreuses ; et l’on ne saurait trop veiller à écarter jusqu’au semblant d’une tyrannie aussi monstrueuse. « La plus grande chose du monde, disait Montaigne, c’est de savoir être soi. » Les relations intellectuelles de deux nations justement orgueilleuses de leur passé devront toujours, avant tout, s’appuyer sur une reconnaissance entière du droit de chacune de ces nations à conserver sa libre individualité.
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Mais il n’en reste pas moins que, dans le domaine particulier du langage, la France m’apparait capable d’exercer, sur les autres nations, une influence des plus bienfaisantes. Si l’on jette un regard en arrière sur notre littérature anglaise des cinquante dernières années, il est impossible de ne pas être frappé de tout ce que les plus soigneux, et en même temps les plus foncièrement « anglais, » de nos écrivains ont dû à l’admirable niveau de perfection littéraire où s’est élevée la langue française.
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Pour juger des relations intellectuelles réciproques de deux peuples, force nous est de nous placer à un point de vue dépassant de beaucoup les limites d’un groupe restreint de savans plus ou moins professionnels. Et quant à ce qui est des masses cultivées d’Angleterre ou de France, j’affirme qu’il serait téméraire d’espérer que ces masses consentent soudain à doubler le fardeau de leur bagage intellectuel, en joignant à l’étude de leur littérature nationale celle encore de la littérature d’une autre nation.
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