“ Du roi, le boute-en-train des mauvaises menées ! un groupe L’on enlève nos femmes ! panurge Calomnie ! Calomnie ! un autre groupe On pille nos boutiques ! panurge Voire ! un bourgeois On vient de décrocher, infamie, infamie, Les cloches Notre-Dame aux grandes voix bénies ! L’âme de la cité ! panurge En vérité, en vérité, Je n’ai point part à l’aventure ! un bourgeois Moi, je t’ai bien vu, je le jure ! chœur De par Dieu ! Pendons-le ! frère jean Eh bien ! Eh bien ! mes frères, Il n’est péché sur terre Qui n’ait rémission. le chœur Non, non ! ”
Alfred Jarry
Résumé
Alfred Jarry's Pantagruel, publiée en 1908, est une pièce théâtrale satirique qui allie absurde et ironie, dans un univers peuplé de personnages tels que Pantagruel, Panurge, Dame Lourpidon et le moutonnier Dindenault. L'œuvre aborde des thèmes comme la folie collective, les rites de passage et la critique sociale, à travers des dialogues chaotiques et des scènes burlesques.
Des extraits révèlent des conflits autour du trésor de la Toison d'or, des mariages symboliques et des débats sur la liberté, illustrant une structure dramatique rythmée par des chœurs et des répliques percutantes. L'absurde cohabite avec une réflexion sur les normes humaines, dans un style qui anticipe le surréalisme.
Citations de Pantagruel (Alfred Jarry)
“ Les Mêmes, DINDENAULTdindenault Bonjour, messieurs, bonjour, Mesdames, bonjour, tretous, Permettez-moi, Sire, De m’introduire, Car le mouton attire Le moutonnier Ainsi que la bouteille Attire le buveur, Et que l’abeille Vole vers la fleur. Mais cette moutonnaille Ne me dit rien qui vaille, Ce n’est point l’un des béliers Que j’ai ramenés, foi de moutonnier. Et d’ailleurs, jusqu’au dernier, Les vrais moutons de la Toison d’or sont noyés. ”
“ Cypris, la bonne déesse, A guidé la main D’un petit lutin Pour qu’il jetât la laine Dans la caverne souterraine Que gardent les dragons, Centaures et griffons : Plus de laine, plus de laine, Et le manteau ne sera pas fini. allys Ciel ! Qu’as-tu dit ? Que grâce soit rendue à la bonne déesse Qui donne aux petits lutins tant de hardiesse ! nanie Oh ! Princesse ! La beauté, la jeunesse Appellent le bonheur, Comme le soleil sur les fleurs. Le bonheur va fleurir, Croyez en l’avenir. (Elle regarde vers le côté par où dame Lourpidon et les brodeuses sont sorties.) ”
