Résumé

Anonyme - Léon Blum ? Nouvelles conversations avec Eckermann…

Sans doute l’émotion du beau ne se flétrira jamais sur cette terre. Mais ce n’est pas seulement pour les émotions qu’il nous procurait que nous avons cultivé et adoré l’art. C’est que nous sentions que le progrès de l’art était le progrès de la civilisation elle-même : c’est par là que nous tâtions le pouls de l’humanité. L’effort des artistes vers le beau et vers l’utile, la diffusion élargie de leur œuvre, l’efficacité de leur pensée étaient pour nous la plus juste mesure de l’activité humaine.
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Anonyme - Léon Blum ? Nouvelles conversations avec Eckermann…

Toutes ces considérations devraient nous faire apporter dans la critique une modération plus courtoise, plus réservée. En même temps, nous devons en tirer sinon du mépris, du moins une grande indifférence des jugements qu’on porte sur nous. Les critiques nous jugent pour eux-mêmes, mais c’est pour nous-mêmes que nous produisons. Le but n’est pas d’acquérir la gloire, mais d’acquérir une conscience toujours plus claire de nous-mêmes et du monde. Ce que vous ferez, efforcez-vous de le faire toujours mieux, mais cette idée du mieux ne la cherchez qu’en vous.
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Anonyme - Léon Blum ? Nouvelles conversations avec Eckermann…

Oui, je déplore que la division du travail scientifique ait enlevé au savant cette contemplation totale de l’univers qui ennoblit la pensée humaine, qui rappelle à l’homme sa place véritable dans la création, qui inscrit dans son cœur le sens de sa vie. Je vous ai dit d’autre part que pour tous les hommes qui sont destinés à un effort personnel de création, qui sont nés pour laisser après eux une œuvre concrète, tangible — particulièrement une œuvre d’art — l’ivresse de savoir, la curiosité fiévreuse de comprendre sont une tentation funeste qu’il faut repousser.
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