Antoine Bréguet

Résumé

Antoine Bréguet Revue des Deux Mondes

C’est une impression vraiment saisissante que celle que l’on ressent la première fois que l’on entend parler le phonographe. Cette voix grêle, ce timbre légèrement métallique, ce ton nasillard, ce chant contourné de la phrase produit par un mouvement irrégulier du cylindre, — tout cela prête une vie étrange à ces organes mécaniques. Il semble qu’un esprit moqueur s’amuse à répéter en caricature tout ce qu’on vient de dire.
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Antoine Bréguet Revue des Deux Mondes

LE PHONOGRAPHE, LE MICROPHONE, L'AEROPHONE Les travaux scientifiques du Nouveau Monde présentent ce caractère spécial de toujours viser un but pratique et immédiat. Semblable au touriste traditionnel des Alpes, l’homme de science aux États-Unis marche droit vers le sommet qu’il s’est promis d’atteindre. Les détails de la route ne l’intéressent pas ; il gravit la pente et ne regarde ni à droite ni à gauche. S’il arrive, il a fait une véritable conquête ; s’il ne réussit pas, comme il n’a rien vu en chemin, ses efforts ne profitent à personne.
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Antoine Bréguet Revue des Deux Mondes

Ce n’est pas aux spectateurs seuls qu’Edison propose l’usage de son phonographe ; les compositeurs eux-mêmes ne pourront s’en passer. Trop souvent le temps seul de noter un motif musical qui leur traverse l’esprit suffit à le leur faire sortir de la mémoire. Mais, s’ils ont sous la main un phonographe, ils ne courent plus le même danger, puisqu’ils pourront facilement dire ce motif à l’appareil, et le fixer ainsi d’une manière durable. On sait que la hauteur d’une note dépend seulement du nombre plus ou moins considérable de ses vibrations par seconde.
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