“ Elle lisait, indifférente, distraite, attendant ses visites et songeant moins à la poésie qu’à la poétesse, cette miss Bell qui était peut-être son amie la plus agréable et qu’elle ne voyait presque jamais, qui, à chacune de leurs rencontres si rares, l’embrassait en l’appelant « darling », lui donnait brusquement du bec sur la joue, et gazouillait ; qui, laide et séduisante, presque un peu ridicule et tout à fait exquise, vivait à Fiesole, en esthète et en philosophe, cependant que l’Angleterre la célébrait comme sa poétesse la plus aimée. ”
Bell
Définition et enjeux
Citations sur “Bell”
De la vie à la mort/Texte entier
“ Tandis qu’je serai jeune, Demeurez là, mettez le pied là, Je m’y divertirai, Bell’, mettez là le pied ! Et quand je serai vieille, Demeurez là, mettez le pied là, Je me retirerai, Bell’, mettez là le pied ! Dans un vieux presbytère, Demeurez là, mettez le pied là, Avec un bon curé, Bell’, mettez là le pied ! Qu’a du vin dans sa cave, Demeurez là, mettez le pied là, Du lard, dans son charnier. Bell’, mettez là le pied ! Comme on le voit, toutes les chansons de noces, sont contraires au mariage et peu faites pour encourager les jeunes gens à entrer dans les saints liens. ”
Eugène Muller, Causeries sur la nature et l'industrie (1885)
“ Seulement, les appareils à vibration de M. Bell ont remplacé à chaque extrémité les cadrans, les aiguilles, les poinçons; il n'y a plus de bandelettes où se marquaient des points, des traits, des caractères typographiques; plus de signes de convention, plus de sonnerie d'appareil, plus de bouton d'échappement, tout est verbal, et nous n'avons qu'à écrire ou parler sous la dictée de l'envoyeur, quand celui-ci ne prend pas lui-même ce soin, comme vous avez fait, vous et les vôtres, tout à l'heure. — Est-ce possible! fait le jeune homme. ”
“ Je m’occupe beaucoup de mon domaine. J’en venais, ce soir, quand j’ai eu le double plaisir de trouver, à la gare, miss Bell qui reconnaissait sa cloche, et vous, madame, qui étiez en conversation avec un ami de Paris. ”
Gabriel Dupuis, Mimiques voulues (1897)
“ En 1806, sir Charles Bell fait paraître un important ouvrage sur VAnatomy of expression; il cherche à expliquer les mouvements généraux de la mimique par une théorie aussi bizarre que défectueuse; selon lui le relâchement des muscles de la face est dû aux impressions gaies, et leur contraction aux idées tristes, en dehors de ces conclusions fantaisistes^ le livre de Charles Bell est l’oeuvre d’un observateur sérieux. ”
Charles Darwin,
L'expression des émotions chez l'homme et les animaux
(1874)
“ Sir Charles Bell a publié 14 une figure frappante de vérité, représentant un homme qui recule devant quelque péril terrible, et qui est sur le point de pousser lâchement des cris de terreur. Les épaules se relèvent presque jusqu'aux oreilles, ce qui indique immédiatement l'absence de toute pensée de résistance. ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ Et que ferez - vous pour cela ? demanda madame Bell . – Oh ! je combinerai quelque chose , dit Lafaine . Mais qu' a dit l' aubergiste à propos de l' homme qui a pris le chien ? – Il a dit , répondit Mary , qu' il ne savait pas le nom de l' homme , mais seulement qu' il demeurait au Numéro Cinq . – Qu'a - t - il voulu dire par là ? – Il a voulu dire le village Numéro Cinq . Les établissements qui se forment dans les montagnes sont désignés par un numéro jusqu' à ce qu' ils aient assez d' habitants pour avoir un nom . ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
“ KITTY BELL. Ils ont l’air de connaître si bien monsieur Chatterton ! et nous, nous le connaissons si peu ! LE QUAKER, à demi-voix, à Chatterton. Ah ! les misérables ! ils l’ont blessée au cœur. CHATTERTON, au quaker. Et moi, monsieur ! KITTY BELL. Monsieur Chatterton sait leur conduite comme ils savent ses projets. Mais sa retraite ici, comment l’ont-ils interprétée ? LE QUAKER, se lève. Que le Ciel confonde à jamais cette race de sauterelles qui s’abat à travers champs, et qu’on appelle les hommes aimables ! Voilà bien du mal en un moment. CHATTERTON, faisant asseoir le quaker. ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ Le bruit des voix qui riaient et causaient dans le pavillon était si continu qu' elles purent parler tout à leur aise sans être entendues par le reste de la compagnie . Quelques-unes même emportèrent leur assiette de fraises et de gâteaux et allèrent s' asseoir à l' extérieur du pavillon , sur les marches . – Je trouve que vous auriez dû être la reine , dit Alice , vous êtes la plus âgée . – Oh ! seulement de deux mois , dit Mary Bell . Non , Caroline doit être la reine , parce que c' est elle qui a été proposée d' abord . ”
Louis Figuier,
Connais-toi toi-même. Notions de physiologie à l'usage de la jeunesse et des gens du monde…
(1886)
“ Bell, en 1811, démontre par l'expérience la différence des fonctions des racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. — Magendie et Charles Bell. — Un physiologiste qui brûle ce qu'il avait adoré, et adore ce qu'il avait brûlé. — Flourens et Longet en France, Müller et Valentin en Allemagne, répètent les expériences de Charles Bell et de Magendie. — Expérience fondamentale qui sert aujourd'hui à démontrer le double rôle sensitif et moteur des racines nerveuses qui sortent de la moelle épinière. ”
Alfred de Vigny,
Stello
(1832)
“ Il s'est rompu le bras dans une de tes machines. JOHN BELL. Oui, et même il a rompu la machine. LE QUAKER. Et je suis sûr que dans ton cœur tu regrettes plus le ressort de fer que le ressort de chair et de sang : va, ton cœur est d'acier comme tes mécaniques. ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
(1837-1839)
“ KITTY BELL. Ils me quitteront un jour. CHATTERTON. Rien ne vaut cela pour vous ! – C'est là le vrai dans la vie ! Voilà un amour sans trouble et sans peur. En eux est le sang de votre sang, l'âme de votre âme : aimez-les, madame, uniquement et par-dessus tout. Promettez-le-moi ! KITTY BELL. Mon Dieu ! vos veux sont pleins de larmes, et vous souriez. CHATTERTON. Puissent vos beaux yeux ne jamais pleurer et vos lèvres sourire sans cesse ! O Kitty ! ne laissez entrer en vous aucun chagrin étranger à votre paisible famille. ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ Il n' y avait parmi les filles qu' un seul garçon nommé Arthur ; tous les autres étaient autour du bateau à examiner les préparatifs . Caroline était la plus âgée des jeunes filles , mais il y en avait plusieurs qui étaient à peu de chose près de son âge . Justement , au moment où Mary Bell vint les rejoindre , leur sujet de conversation était épuisé et il y eut un silence de quelques instants . « Mon Dieu ! dit Caroline , sont -ils longs à préparer leur affaire ! Ils devraient bien commencer ; mais , dites donc , Mary Bell , qu' avez -vous donné à faire à ces petits ? » ”
William Little Hughes, Ma maison : histoire familière de mon corps (1868)
“ Néanmoins, si belle et si utile que soit la main, et bien que nous l'ayons sous les yeux depuis le moment de notre naissance jusqu'à l'heure de notre mort, est-il beaucoup de gens qui s'inquiètent de savoir comment elle est faite? La main forme une partie si importante de notre individu, qu'un auteur de talent, sir Charles Bell, a écrit un assez gros volume où il n'est pas question d'autre chose. ”
Alfred de Vigny,
Stello
(1832)
“ LE QUAKER. Il serait bon que ce jeune homme mourût. KITTY BELL. Mourir! pourquoi? LE QUAKER. Parce que mieux vaut la mort que la folie. KITTY BELL. Et vous croyez. ah! le cœur me manque. Elle tombe assise. LE QUAKER. Que la plus forte raison ne tiendrait pas à ce qu'il souffre. — Je dois te dire toute ma pensée Kitty Bell, et il n'y a pas d'ange au ciel qui soit plus pur que toi. La vierge mère ne jette pas sur son enfant un regard plus chaste que le tien. ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ William s' amusa fort de cette idée et il crut que Mary plaisantait . « Si Carlo savait seulement que je suis ici , et que j' ai besoin du bateau pour rentrer , je suis sûre que , si Thomas lui mettait la corde entre les dents , il nagerait en tirant le bateau . Il est extrêmement fort . » Mary Bell se tint debout sur le rocher , et comme elle avait vu que l' enfant les avait aperçus et semblait les regarder , elle cria très-fort : « Tlo...mas ! » Une voix très-éloignée répondit : « Holà ! – Est -ce vous , Thomas ? » cria Mary Bell . ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
(1837-1839)
“ LE QUAKER (ému et lui baisant la main) . Ah ! Kitty Bell ! Kitty Bell ! âme simple et tourmentée ! – Ne dis point cela de moi. Il n'y a pas de sagesse humaine. – Tu le vois bien, si j'avais raison au fond, j'ai eu tort dans la forme. – Devais-je avertir les enfants de l'erreur légère de leur mère ? – Il n'y a pas, ô Kitty Bell, il n'y a pas si belle pensée à laquelle ne soit supérieur un des élans de ton coeur chaleureux, un des soupirs de ton âme tendre et modeste. ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ C' est une trompe , dit Mary Bell , et elle lui sert à ramasser tout ce qu' il veut . – Voilà un cheval , dit Madeleine ; il n' a pas de trompe , lui , mais il a le nez joliment long tout de même . Pourquoi n'a - t - il pas une trompe aussi pour ramasser ce qu' il veut ? ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ La charrette s' approcha et quand elle fut à la hauteur de Mary Bell , le roulier arrêta ses chevaux . – Qu' est - il arrivé ? demanda Mary , où est Carlo ? – L' homme m' a dit qu' il avait attendu quelque temps , répondit le roulier , et , voyant que votre mère n' envoyait pas chercher le chien et ne voulant pas le garder lui-même , il l' a cédé à un individu qui a bien voulu payer la dépense . – Et quel est cet individu ? demanda Mary . – L' aubergiste n' a pas pu me dire son nom . – Sait -il au moins où il demeure ? – Oui , il m' a dit qu' il vivait au Numéro Cinq . ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
“ CHATTERTON, LE QUAKER, KITTY BELL.LE QUAKER, à Kitty Bell.Il prend la main gauche de Chatterton et met sa main sur le cœur de ce jeune homme. Les cœurs jeunes, simples et primitifs ne savent pas encore étouffer les vives indignations que donne la vue des hommes. — Mon enfant, mon pauvre enfant, la solitude devient un amour bien dangereux. À vivre dans cette atmosphère, on ne peut plus supporter le moindre souffle étranger. La vie est une tempête, mon ami ; il faut s’accoutumer à tenir la mer. ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
(1837-1839)
“ KITTY BELL. Qu'en voulez-vous faire ? CHATTERTON. Laissez-moi, Ritty. Les hommes ont des moments où ils ne peuvent plus se courber à votre taille et s'adoucir la voix pour vous. Kitty Bell, laissez-moi. ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ Il y avait , non loin de l' endroit où ils avaient fait leur collation , un précipice presque à pic et très-profond , avec de terribles rochers dans le bas . William , Caroline , Mary Bell et Parker , qui se promenaient ensemble , arrivèrent tout à coup au bord de ce précipice , dont l' aspect grandiose les impressionna vivement . Caroline s' entêta à marcher tout à fait au bord , pas assez au bord pour qu' il y eût danger de tomber , mais assez pour inquiéter désagréablement le reste de la société . ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ Mary Bell vit qu' il ne restait que très-peu de pierres , pas assez pour finir le travail , à ce qu' elle croyait , et elle proposa à Lafaine d' aller en chercher d' autres . Mais Lafaine répondit qu' il ne lui en faudrait pas davantage . L' espace non pavé serait occupé par les bancs , sous lesquels il n' y aurait pas besoin de mosaïque . « Des bancs ! s' écria Mary Bell , mais je ne sais pas trop comment je pourrai jamais faire des bancs . – C' est moi qui vais les faire pour vous , dit Lafaine , et c' est pour cela que j' ai apporté la pince de fer et votre levier . » ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
“ On devine des soupirs de Chatterton et des paroles d’encouragement du quaker. Kitty Bell monte, à demi évanouie, en s’accrochant à la rampe de chaque marche : elle fait effort pour tirer à elle la porte, qui résiste et s’ouvre enfin. On voit Chatterton mourant et tombé sur le bras du quaker. Elle crie, glisse à demi morte sur la rampe de l’escalier et tombe sur la dernière marche. ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
(1837-1839)
“ Ce drame repose dans le mystérieux amour de Chatterton et de Kitty Bell ; cet amour qui se devine toujours et ne se dit jamais ; cet amour de deux êtres si purs qu'ils n'oseront jamais se parler, ni rester seuls qu'au moment de la mort ; amour qui n'a pour expression que de timides regards, pour message qu'une Bible, pour messagers que deux enfants, pour caresses que la trace des lèvres et des larmes que ces fronts innocents portent de la jeune mère au jeune poète ; amour que le Quaker repousse toujours d'une main tremblante et gronde d'une voix attendrie. ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
“ Je pourrai vivre sans écrire les choses communes qui font vivre. — Le quaker rentrera dans la paix de son âme que j’ai troublée, et elle ! Kitty Bell, je ne la tuerai pas, s’il est vrai que je l’eusse tuée. ”
“ O douce et simple Kitty Bell! savez-vous qu'il existe une race d'hommes au coeur sec et à l'oeil microscopique, armée de pinces et de griffes? Cette fourmilère se presse, se roule, se rue sur le moindre de tous les livres, le ronge, le perce, le lacère, le traverse plus vite et plus profondément que le ver ennemi des bibliothèques. Nulle émotion n'entraîne cette impérissable famille, nulle inspiration ne l'enlève, nulle clarté ne la réjouit, ni l'échauffe ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
(1837-1839)
“ CHATTERTON laisse tomber ses papiers ; tout son corps frémit. Déja ! – Ah ! c'est vous ! – Ah ! madame ! à genoux ! par pitié ! oubliez-moi. KITTY BELL. Eh ! mon Dieu ! pourquoi cela ? qu'avez-vous fait ? CHATTERTON. Je vais partir. – Adieu ! – Tenez, madame, il ne faut pas que les femmes soient dupes de nous plus long-temps. Les passions des Poètes n'existent qu'à peine. On ne doit pas aimer ces gens-là ; franchement ils n'aiment rien ; ce sont tous des égoïstes. Le cerveau se nourrit aux dépens du coeur. Ne les lisez jamais et ne les voyez pas ; moi, j'ai été plus mauvais qu'eux tous. ”
Alphonse Esquiros,
Les Plongeurs et la vie sous l’eau…
“ LE DIVING-BELL, LE DIVING-APPARATUS ET LE VILLAGE DE WHITSTADLE. De tout temps, le rêve de l’homme a été de pénétrer au fond de la mer, soit pour en sonder les mystères, soit pour en recueillir les trésors, et pourtant jusqu’ici on ne connaissait guère que la surface de ce grand désert d’eau qui couvre les trois quarts de notre globe. L’imagination des poètes avait, il est vrai, bâti sous les vagues des palais imaginaires, élevé des grottes de corail et pavé de nacre le lit de l’océan ; mais l’œil de quelque hardi plongeur avait à peine entrevu la sombre réalité de l’abîme. ”
Alfred de Vigny,
Œuvres complètes de Alfred de Vigny
(1837-1839)
“ LE QUAKER. Courage, ami ! je n'ai jamais entendu au parlement un raisonnement plus sain que le tien. JOHN BELL revient encore irrité et s'essuyant le visage. Et vous, ne profitez pas de ce que vous êtes quaker pour troubler tout partout où vous êtes. – Vous parlez rarement, mais vous devriez ne parler jamais. – Vous jetez au milieu des actions des paroles qui sont comme des coups de couteau. LE QUAKER. Ce n'est que du bon sens, maitre Johh ; et quand les hommes sont fous, cela leur fait mal à la tête. ”
Maxime Du Camp,
Le Nil : Égypte et Nubie (2e éd…
(1860)
“ Qui nous apprendra que tu ne mens pas, ô Bellal ? lui demandèrent les hommes du pays. Fais quelque prodige à nos yeux ; si ton Dieu est aussi grand que tu le prétends, rien ne lui sera impossible pour nous amener à lui. ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ En arrivant au pont , ils trouvèrent Mary Bell et deux ou trois autres enfants qui les attendaient . Un instant après , Caroline , Johnson et le reste de la société arrivèrent aussi . Tout ce monde avait l' air bien enchanté de se voir , poussait des exclamations de joie et ne cessait de répéter que c' était bien heureux qu' il fit si beau temps . Dans les parties de plaisir , les dames s' entendent en général pour en laisser aux hommes toute la conduite ”
Les Vacances, récits et aventures… (1870)
“ La patience et la persévérance , unies à la raison et à un certain goût , font aussi de très-bons maîtres . Bien que Mary Bell fût très-tentée de tenir la classe que lui proposait Lafaine , elle était si défiante d' elle-même qu' elle n' aurait jamais accepté , si Riquet , en racontant la conversation qu' il avait eue avec Lafaine , ne lui eût dit que celui-ci s' engageait à écrire de certaines règles qui pourraient être utiles à la classe . ”
