Résumé

Portrait de Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy Considérations morales sur la destination des ouvrages de l’art

Ce n’est que par hypothèse, ou par fiction ou par le moyen d’une froide réminiscence, qu’il est possible d’éprouver, au milieu des collections d’ouvrages d’Art, l’effet moral de ces impressions heureuses qui, s’identifiant avec celles de la nature, font disparaître la main de l’art sous le charme d’une illusion sentimentale. Tout ici, au contraire, vous parle de l’Art et de ses ressorts, des secrets de la science, des moyens de l’étude ; tout ici vous tient en garde contre la séduction. La curiosité et la critique sont là pour empêcher les émotions d’arriver jusqu’à l’âme ou d’y pénétrer.
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En est-il ainsi des productions du génie ? suffit-il de les commander pour les obtenir ? et les obtient-on avec de l’argent ? Non, c’est au sentiment de l’artiste qu’il faut les commander, et le sentiment seul commande au sentiment. Si vous n’intéressez point ce principe créateur des belles choses, si vous ne stimulez point ce noble désir de perfection, qui est l’âme du talent, le talent restera inerte. Comme il y a deux qualités dans l’art, il y a deux facultés dans l’artiste : l’une mécanique, l’autre morale. Il convient sans doute de s’adresser à celle qui a le plus besoin de l’autre.
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C’est l’image de la différence du plaisir reçu par le jugement ou par l’imagination, dans tous les Arts, sous l’influence de l’esprit de critique. L’âme n’entre plus pour rien dans la manière de juger : tout le monde vise à être savant ou à passer pour l’être ; et comme c’est par le sentiment que jouit l’ignorant, on craindrait de le paraître, si l’on faisait profession de sentir. Comment d’ailleurs recevoir des impressions, quand on connaît de trop près les secrets qui les produisent, et quand on a placé le plaisir dans la connaissance de ces secrets ?
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