Résumé

Portrait de Georges-Marie Raymond Georges-Marie Raymond De la peinture considérée dans ses effets sur les hommes en général

A mesure que l’Art se perfectionne, on court après les chefs-d’œuvre, on admire le peintre et la peinture, et le modèle est oublié. Ce n’est que Raphaël ou Michel-Ange que l’on va chercher à Rome, c’est Rubens ou Lebrun que l’on va voir à Paris. Lorsqu’on s’occupe peu de peinture, l’ébauche grossière d’un homme qui fut cher à ses concitoyens suffit pour réveiller l’enthousiasme, parce que la peinture ne disputant point l’attention, l’homme de bien se montre tout seul et ne fait songer qu’à lui. Mais les artistes pourraient-ils jamais se contenter de cette sorte de gloire ?
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Portrait de Georges-Marie Raymond Georges-Marie Raymond De la peinture considérée dans ses effets sur les hommes en général

La Peinture est le plus riche des arts de dessin, puisqu’elle copie les productions des autres, ce que ceux-ci ne peuvent faire à son égard ; elle est encore le plus riche, parce qu’elle embrasse un plus grand nombre d’objets et une plus complète intégrité, si l’on peut s’exprimer ainsi, dans leur imitation ; c’est ce-qui la rend plus propre que les autres arts à former le goût ; elle y concourt puissamment en reproduisant fréquemment et les beautés diverses de la nature en elle-même, et les traits du beau répandus avec profusion sur les chefs-d’œuvre de l’antiquité.
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Les beaux-arts, comme la philosophie, ne firent que des maux à Rome, parce qu’ils y furent transplantés sur un sol corrompu, et que les Romains ne prirent que les écarts des uns, comme ils n’adoptérent que les travers de l’autre. D’ailleurs, incapables de juger des productions du génie, qu’une longue culture seule peut faire apprécier, ils regardèrent les ouvrages des plus grands artistes comme des productions mercenaires que les riches pouvaient commander et payer ; et c’est le luxe et non le goût qui les achetait. Voilà pourquoi la Peinture fut totalement dégradée à Rome.
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