Archag Tchobanian

Archag Tchobanian

Résumé

Portrait de Archag Tchobanian Archag Tchobanian La Revue blanche

Des vieux, des femmes avec des enfants dans les bras, des fillettes, des jeunes hommes, vêtus de loques ou de vieux habits offerts, sans malles ni paquets, les yeux encore pleins de cauchemar, le visage frappé d’un désespoir effaré. Et c’était navrant de voir ces mères de famille et ces travailleurs chassés hors de leur pays par une main marâtre, privés du toit chaud et du pain gagné, livrés au hasard, à l’aumône et au mépris, s’en aller vers les pays inconnus et vers les vies à recommencer, avec des deuils dans le cœur et l’esprit hanté d’épouvantables visions.
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Portrait de Archag Tchobanian Archag Tchobanian La Revue blanche

Et voilà où est arrivé ce vaste pays, ― le plus beau, le plus riche pays de la terre, ― qu’un caprice du Destin confia aux mains destructrices d’une race stérile. Pour ne pas accorder au peuple le plus utile du pays la justice qu’il réclame, un sultan stupide transforma son empire en un immense champ de carnage, en lançant races contre races, en allumant les fanatismes et les bas instincts de féroces parasites, et en poussant des hommes d’un peuple renommé par sa sagesse et sa résignation aux plus excessives explosions de désespoir.
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Portrait de Archag Tchobanian Archag Tchobanian La Revue blanche

Les rues pleines de soldats qui rôdent, de patrouilles, d’espions, de gendarmes et de Kurdes aux yeux menaçants. Le soir, dès sept heures, silence de mort et vide partout. Les fenêtres bien closes, les rideaux tirés, aucune lumière dans les maisons. Elle est devenue la ville tragique. Les Arméniens la fuient, les Européens la quittent, et les Turcs eux-mêmes attendent avec terreur l’écroulement final.
Cette fin, si redoutée, mais indispensable pour la paix du monde, paraît imminente. L’intervention européenne s’impose. L’Empire ottoman, trop décomposé, est mûr pour la régénération.
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