Arthur Daxhelet

Résumé

Arthur Daxhelet Nouvelles de Wallonie

Il arriva sous la petite fenêtre basse de la chambre où reposait Isabelle. Il écouta : tout dormait, la cense, la campagne et, là-bas, le bois. Et, dans le silence, si complet qu’il en était pénétrant et terrible, il eut l’audition de deux souffles, de deux respirations : la sienne et une autre ; il frissonna. Vain émoi ! C’était son souffle régulier à Elle, s’alanguissant comme une céleste mélodie, en s’échappant par la fenêtre laissée béante pour aspirer les fraîcheurs en cette nuit tiède. Oh ! ce rythme enivrant pour l’amoureux !...
Robert crut défaillir de bonheur.
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Arthur Daxhelet Nouvelles de Wallonie

A la cense du Hébret voici ce qu’on trouva : sur le parquet de la chambre de la jeune maîtresse, gisait le corps inanimé du beau Robert, la face tournée contre terre, avec, à la nuque, la trace de quatre petites dents aiguës ; au chevet du lit, vide, perchait l’oiseau des nuits aux yeux brûleurs, une vieille hulotte, qui s’enfuit quand on entra et s’envola vers les rochers.
Le cadavre du fils de la Fresée fut si lourd à porter que dix hommes purent à peine le soulever ; et la terreur fut grande dans le pays d’alentour.
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Arthur Daxhelet Nouvelles de Wallonie

Isabelle la jolie jamais ne revint en la cense. Elle vécut longtemps là-bas, à Mouha, en la Grotte des Nutons. Car celui qui l’avait enlevée, après avoir tué Robert, était un Nuton – le plus beau et le plus riche qu’il y eût – à qui la gente fille s’était fiancée un soir d’hiver.
Les bonnes gens, qui avaient pleuré le départ de la belle promise, souvent la revirent dans la suite, à l’heure du crépuscule – vision fugitive, belle et souriante – emportée en son carrosse, au galop de six chevaux blancs que conduisait son blond amant triomphateur.
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