Résumé

Th. Pavie Marie la Fileuse, récit du Bocage

Pour être réduite à garder les moutons au fond du Bocage, une jeune fille ne se résigne pas volontiers à ne pouvoir plaire !... La Fileuse chantait donc, se croyant seule ; mais quand elle entendit les pas du paysan, son jeune maître, elle se tut, se rapprocha de ses brebis et fit un suprême effort pour rendre à ses deux pieds l’équilibre qui leur manquait. Elle allait, comme une perdrix craintive et blessée, non qu’elle eût peur du métayer, mais elle n’était que la servante de la métairie, une pauvre orpheline élevée par pitié, et le visage austère du jeune paysan lui inspirait le respect.
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Th. Pavie Marie la Fileuse, récit du Bocage

Lorsque sa mère fut morte, le grand Louis tomba dans une mélancolie plus sombre encore. C’était un martyre pour le jeune métayer de demeurer seul dans ces champs où tout lui rappelait Marie filant derrière ses ouailles, et où il n’avait plus sa mère à entourer de respect. Il ne lui restait plus que le travail, distraction suprême de ceux dont l’esprit est agité ; mais pour bien travailler, il faut avoir la tête libre, le cœur tranquille. Louis n’éprouvait plus aucun plaisir à labourer, aucune joie à voir les gerbes dorées remplir son aire.
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Th. Pavie Marie la Fileuse, récit du Bocage

À lui, pauvre paysan, il fallait une retraite plus absolue que celles du Bocage, une solitude sans horizon, une vie sans sourire. Il secoua ses souliers poudreux sur le seuil du cloître, et leva le marteau de la porte, qui s’ouvrit pour se refermer sur lui. Il était de ceux qui aiment mieux mourir à eux-mêmes que de vivre dans une inutile souffrance.
Un an après le jour où Louis de La Gaudinière entrait au couvent de Bellefontaine, Marie de Boisfrénais épousait un gentilhomme des environs de Châtillon, dont le père avait acquis une certaine illustration dans les guerres de la Vendée.
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