Th. Pavie, Marie la Fileuse, récit du Bocage
“ Pour être réduite à garder les moutons au fond du Bocage, une jeune fille ne se résigne pas volontiers à ne pouvoir plaire !... La Fileuse chantait donc, se croyant seule ; mais quand elle entendit les pas du paysan, son jeune maître, elle se tut, se rapprocha de ses brebis et fit un suprême effort pour rendre à ses deux pieds l’équilibre qui leur manquait. Elle allait, comme une perdrix craintive et blessée, non qu’elle eût peur du métayer, mais elle n’était que la servante de la métairie, une pauvre orpheline élevée par pitié, et le visage austère du jeune paysan lui inspirait le respect. ”
