Jules d’Herbauges

Résumé

Jules d’Herbauges Revue des Deux Mondes

Je vais vous raconter ce qui s’est passé, si vous le voulez, mère Renée, continua-t-il.
— Mère Renée !... murmura à voix basse la malheureuse femme, et quelque chose comme un sanglot monta à son gosier serré. — Parle ! dit-elle ensuite en se penchant sur Étienne comme sur sa proie.
— Voilà... dit le jeune homme. Mes idées ne sont pas bien nettes, et j’ai peine à parler ; pourtant je vais tâcher de vous dire la chose en deux mots. Nous étions tous débandés, et je me sauvais dans la direction d’un petit taillis, lorsque le maudit verglas me fait glisser et tomber.
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Jules d’Herbauges Revue des Deux Mondes

Pour ta sœur, Jean, j’aurais peur de la soumettre à l’épreuve que j’ai supportée. Je sais seule ce que j’en ai souffert, et je craindrais que Marie n’eût pas la force de résister à un long chagrin. On ne sait pas, vois-tu, quand on ne l’a pas éprouvé, ce que c’est que de renfermer dans son cœur une peine toujours la même, à laquelle se mêle tout juste assez d’espérance pour éloigner la résignation. Cela brûle le cœur, cela dessèche la joie de la jeunesse à sa source.
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Jules d’Herbauges Revue des Deux Mondes

Marie, placée près d’elle sur un escabeau très bas, appuyait sa tête au bras du fauteuil de sa mère tout en suivant d’un regard humide les mouvemens saccadés de son frère et l’expression inaccoutumée de son visage. Jean, après avoir fait plusieurs tours dans la chambre, fouillant et remuant mille objets qu’il ne reconnaissait même pas, vint enfin s’asseoir en face de sa mère. Il secoua du bout de son soulier ferré le fagot enflammé, qui jeta une lueur plus vive ; puis, faisant un grand effort sur lui-même, il dit d’une voix rauque et sans lever les yeux : — Ma mère, il faut que je parte !
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