Anatole Chailly

Prudence (1845)

Résumé

Anatole Chailly Prudence (1845)

Étienne attendit tout le jour dans la forêt, et continua de la parcourir en tous sens ; il espérait vaguement que sa fille, imprudemment égarée, errait au milieu de ces routes dont elle ignorait les détours. Mais quand le soleil, avancé dans sa course, se penchait déjà sur les collines de l'occident, quand Étienne accablé vit que le jour allait finir sans lui ramener sa fille, son
cœur se serra, toute espérance s'éteignit en lui, et il regagna, avec un sombre abattement, sa maisonnette des faubourgs de Cholet.
Source : Gallica

Anatole Chailly Prudence (1845)

Prudence, tout en larmes, erra long-temps par la ville. Elle courait sans relâche chez les anciens amis de son père, chez ceux qui étaient attachés au vieillard par les liens de l'amitié et de la reconnaissance, mais les troupes de la république avaient trop bien sa frapper de terreur la population de la ville, pour qu'aucun de ces anciens amis osât s'employer de quelque façon que ce fût au salut du vieillard. Chacun tremblait pour soi-même, la prière et les larmes étaient transformées en crimes, la pitié était jugée digne de mort.
Source : Gallica

Anatole Chailly Prudence (1845)

Lorsque Étienne, placé entre quatre fusiliers; franchit la porte fatale de cette prison terrible, d'où on ne sortait dans ces temps que pour aller à la mort, un cri déchirant se fit entendre dans l'intérieur ; et, comme si ce cri avait fait vibrer dans le cœur du paysan une corde bien douloureuse , le brave homme frémit, et, n'ayant plus la force de pleurer, il pencha sa tête dans ses mains. Il entra ainsi dans la prison conduit par un des soldats.
On a deviné sans doute quelle voix avait poussé ce cri d'angoisse; c'était celle de Prudence.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature