Résumé

Portrait de Marc Monnier Marc Monnier Scènes de la vie militaire en Italie

Le caporal se retourne une main en l’air : — Hé ! crie la foule ; à un enfant ! Quelle honte ! Le temps des Croates est passé ; qu’on essaie encore ! — À ces mots, un soldat se mordit les doigts et sentit en même temps sa gamelle frappée d’un coup de poing. Le sang lui monta au visage, et, tendant le bras, il bourra l’épaule du marmot qui l’avait frappé. — Voilà ! voilà ! cria la tourbe. Voilà les prépotens ! Pires que les Croates ! pires que les sbires ! Nous en verrons de belles. Race de chiens, tu le paieras ! Quelle honte ! Frapper un enfant désarmé !
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La troupe victorieuse s’arrêta un instant, puis se remit en marche, poursuivant les fuyards et s’éloignant derrière eux ; s’amoindrissant à vue d’œil, elle ne fit plus qu’un point noir et disparut. — À nous autres maintenant ! — cria le major de sa voix tonnante. Aussitôt tous se levèrent et se mirent en rang, l’arme au bras ; nos hommes paraissaient tranquilles et joyeux, le drapeau ne bougeait pas, tenu d’une main ferme. Ces gens-là mourront ou verront les épaules des ennemis. — En avant ! dit le major ; — en avant ! — répètent les officiers, et le bataillon gravit la colline.
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Soit ! cria l’officier. — Et, se tournant, il cria : — En joue ! — Les fusils s’abaissèrent, et la foule, en jetant un cri d’effroi, disparut en un clin d’œil dans les rues latérales. Les dix soldats qui étaient derrière rejoignirent les premiers.
— Il faut ici de la fermeté et du courage, reprit Cangiano : il s’agit d’enterrer sur le champ les morts. Que la moitié d’entre vous battent la campagne et ramènent de force autant d’hommes qu’ils pourront ; que les autres demeurent ici avec moi.
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