Résumé

A. Albane Revue des Deux Mondes T.90, 1870

Je dégageai mon fusil, et, reculant d’un pas, je le frappai violemment ; la baïonnette avait pénétré dans la poitrine, il ouvrit les deux bras et tomba lourdement en arrière.
Un peu de calme me revint quand je me sentis armé de nouveau, j’étais redevenu un homme, un soldat, et j’osai alors affronter vos regards ;... mais vous comprenez, capitaine, que je n’ai pas fini de régler mon compte avec moi-même, et vous comprenez aussi pourquoi je tiens tant à me battre. J’ai une dette à payer, une dette de sang, et puis il faut que je sache enfin si vraiment je suis un lâche.
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A. Albane Revue des Deux Mondes T.90, 1870

Mon Dieu, qu’il était pâle ! et quel ravage en quelques heures ! La chemise, entr’ouverte et raide de sang, laissait voir la poitrine entourée de linges ensanglantés. Il était assoupi dans un sommeil qui ressemblait à la mort ; sa main droite serrait encore son fusil, dont il n’avait pas voulu se séparer. Debout à ses côtés, un sergent de mobiles le contemplait d’un air morne. — Il nous a tous sauvés, me dit-il ; mais il l’a payé cher.
Il était en effet tombé sur la barricade, où il était demeuré le dernier, et les Prussiens, après le combat, l’avaient rendu à nos infirmiers.
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A. Albane Revue des Deux Mondes T.90, 1870

Je crois du moins que chacun de nous, pour se montrer en toute circonstance égal à lui-même, doit exercer une sorte de surveillance et de discipline intérieure qui ne permette pas à l’âme d’être prise à l’improviste... Si le sang-froid n’est pas tout le courage, il en est certainement la partie la plus solide en même temps que la sauvegarde. Et cela est si vrai que, si l’on donnait à l’homme qui a peur le temps de la réflexion, presque toujours il se conduirait bravement.
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