André Fribourg

Résumé

André Fribourg Revue des Deux Mondes

« Une sensation qui n’est plus nourrie s’atrophie-t-elle, jusqu’à disparaître ? Si ma vue déjà déclinante s’évanouissait entièrement, deviendrais-je à la longue incapable de me souvenir des couleurs, comme je suis incapable d’imaginer les parfums ? » J’accepte la disparition du goût, ce petit supplice renouvelé le long du jour ; je consens à ce que tout ce que je bois et mange soit fade et ne se différencie que par le tact ; mais je ne m’habituerai jamais à la perte de l’odorat, à l’atténuation de la vue, puisque les sensations passées s’estompent.
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André Fribourg Revue des Deux Mondes

La guerre m’a conduit à une révision des valeurs que vous vous refusez à admettre ; vous souhaitez tout prendre légèrement, et cette insouciance qui nous ruine dissociera encore demain des milliers d’êtres.
LA NUIT VIENT... Souple, douce, insinuante, la nuit aux gestes lents approche ; elle se glisse muette et grise et d’abord humble, puis se hausse, emplit l’espace et l’assombrit ; elle enveloppe la colline, et les grands arbres nus, le jardin vide et la vieille maison, et les yeux qu’elle embue et l’âme qu’elle endeuille.
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André Fribourg Revue des Deux Mondes

Ainsi s’exprimait M. Teutsch, député de Saverne, en plein Reichstag, comme le rappelait ici même M. Gailly de Taurines, dans son émouvante étude sur la Protestation de l’Alsace-Lorraine en 1874. Quarante-quatre années se sont écoulées depuis cet admirable cri de révolte ; et d’aucuns peut-être se sont demandé : « Les Alsaciens-Lorrains annexés à l’Allemagne n’ont-ils pas changé en un demi-siècle ? Leur attachement à la patrie française est-il toujours aussi vivace ? »
À cette question, les Allemands eux-mêmes vont répondre dans les pages qui suivent.
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