André Fribourg, Revue des Deux Mondes
“ « Une sensation qui n’est plus nourrie s’atrophie-t-elle, jusqu’à disparaître ? Si ma vue déjà déclinante s’évanouissait entièrement, deviendrais-je à la longue incapable de me souvenir des couleurs, comme je suis incapable d’imaginer les parfums ? » J’accepte la disparition du goût, ce petit supplice renouvelé le long du jour ; je consens à ce que tout ce que je bois et mange soit fade et ne se différencie que par le tact ; mais je ne m’habituerai jamais à la perte de l’odorat, à l’atténuation de la vue, puisque les sensations passées s’estompent. ”
