“ Cette terre d’Alsace et de Lorraine, quel enseignement elle offrirait aux jeunes Français de toutes classes si, au lieu de les illusionner de pacifisme et d’humanitarisme, les instituteurs en conduisaient chaque année ici des délégations ! Il ne faut pas qu’une blessure aussi profonde que la nôtre puisse jamais se cicatriser, et, quand il semble qu’on ne la sent plus, il faut de nouveau y porter le fer, pour qu’elle se rouvre et saigne. Ni les Alsaciens, ni les Lorrains n’oublient : chaque journée de ce mois d’août est pour eux l’objet d’une fidèle commémoration. ”
Alsace et Lorraine
Définition et enjeux
Citations sur “Alsace et Lorraine”
Pierre de Coubertin,
Pages d’histoire contemporaine
“ Les échos que le seul nom des provinces séparées éveille là-bas dans les cœurs fidèles, nous les sentons vibrer dans les nôtres quand s’évoque l’image endeuillée de l’Alsace et de la Lorraine. Impossible à un peuple qui a subi une pareille épreuve de n’en pas conserver une empreinte indélébile et sans cesse ravivée. ”
Stéphen Coubé, Alsace, Lorraine et France rhénane
“ Je les adjure de se pénétrer de notre droit historique et de notre intérêt national en ce qui concerne la rive gauche du Rhin et de ne pas hésiter à réclamer notre dû.Ils devront accomplir une œuvre colossale, grandiose d'où dépendront pour des siècles la splendeur et la sécurité de la France; ils auront à reconstruire une Europe nouvelle sur les bases de l'ordre et de la justice. Le sort de l'Alsace-Lorraine est la première question qui se présentera à eux. ”
“ Elle est un fait, soit ; le droit ne sort pas du fait. L’Alsace et la Lorraine – suis-je dans la question ? – veulent rester France ; elles resteront France malgré tout, parce que la France s’appelle république et civilisation ; et la France, de son côté, n’abandonnera rien de son devoir envers l’Alsace et la Lorraine, envers elle-même, envers le monde. Messieurs, à Strasbourg, dans cette glorieuse Strasbourg écrasée sous les bombes prussiennes, il y a deux statues, Gutenberg et Kléber. ”
Colomban René François Jos. Le Fèvre de Verville, Notice sur l'Alsace et la Lorraine… (1870)
“ Parmi les villes qui nous seraient ainsi ravies, il y aurait sept places fortes, dont Metz et Strasbourg, qui sont de première classe, et seraient tournées contre nous. En Alsace, nous serions dépouillés de notre splendide industrie du Haut-Rhin, dont Mulhouse est le foyer. En Lorraine, nous perdrions la majeure partie de nos hauts-fourneaux français, et de notre fabrication métallurgique. Non, la France ne subira jamais une aussi monstrueuse mutilation, et jusqu'à son dernier souffle elle luttera pour la combattre. ”
A. Mézières, L’Invasion de la Lorraine
“ Sur ce sanglant théâtre, dans cette patriotique Lorraine, dans cette patriotique Alsace, si françaises et si militaires, les uns, tous ceux qui ont une arme, se battent et meurent ; les autres, les habitans désarmés, les femmes, les enfans, souffrent toutes les hontes et toutes les douleurs de l’occupation étrangère. ”
Jean de Pange, Revue des Deux Mondes
“ Les députés d’Alsace et de Lorraine, issus du suffrage universel et constitués en Assemblée nationale, saluent avec joie le retour de l’Alsace et de la Lorraine à la France, après une longue et cruelle séparation. Nos provinces seront fières de devoir à la Mère-Patrie retrouvée, avec la sauvegarde de leurs traditions, de leurs croyances et de leurs intérêts économiques qui leur a été solennellement garantie par des chefs de l’armée victorieuse, une nouvelle ère de liberté, de prospérité et de bonheur. ”
Émile Hinzelin,
Légendes et Contes d'Alsace. Illustrations de Kauffmann…
(1932)
“ Une réalité plus belle que les plus beaux contes, aussi belle que les plus merveilleuses légendes. Nous avons connu la joie la plus profonde et la plus radieuse qu'un homme puisse rêver. A la minute même où a disparu la frontière factice qui tachait nos cartes de noir, nous sommes rentrés en Alsace et en Lorraine, au milieu d'une population qui, tout entière, d'une voix unanime, proclamait son amour pour la France. ”
Francis Charmes,
Chronique de la quinzaine, histoire politique - 31 mars 1910
“ L’Alsace et la Lorraine sont pour nous des provinces séparées, mais non pas étrangères, et nous prendrons toujours part à ce qui leur arrivera d’heureux. Nous ne pouvons rien dire de plus pour le moment d’un projet que nous ne connaissons pas. ”
Les Droits de la France sur l'Alsace et la Lorraine… (1871)
“ Un flot de brochures, de volumes, de journaux hostiles à la France inonde l'Allemagne et déborde sur l'Europe. Dans tous ces écrits se retrouvent les mêmes assertions relativement à l'Alsace et à la Lorraine. C'est une cloche qui tinte toujours de la même manière, avec une monotonie fatigante. ”
L'offrande : aux alsaciens et aux lorrains (1873)
“ La France embrassera l'Alsace, embrassera La Lorraine, ô triomphe! et l'Europe sera! Et les vengeurs, avec des chants et des huées, Plus abondants que l'ombre au puits noir des nuées, Plus pressés que l'averse en un ciel pluvieux. ”
Stéphen Coubé, Alsace, Lorraine et France rhénane
“ Quoi qu'il en soit de la théorie, il est certain que si un peuple, outre les droits historiques qu'il a sur une terre, en vertu d'une occupation antérieure indiscutée et en vertu de la configuration géographique de cette terre, est encore appelé par ses habitants, son droit de l'occuper est clair comme le soleil et que personne ne la lui peut disputer sans crime. Or, c'est ainsi que l'Alsace-Lorraine est à nous; toute cette étude va le démontrer.Il n'en est pas de même, il est vrai, du moins au même degré, des provinces cisrhénanes inférieures. ”
Charles Bouchet, Alsace et Lorraine, par Ch. Bouchet (1873)
“ La question de l'Alsace et de la Lorraine ne cesse pas d'être vivante pour tous. Quant à la Souscription nationale, si elle a échoué, c'est qu'elle ne pouvait réussir. Elle n'en mérite pas moins d'être célébrée comme un noble élan et une généreuse illusion de la France. ”
Louis Madelin,
Revue des Deux Mondes
“ Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine, avec une sorte de fureur vengeresse et triomphante. La retraite elle-même, éclairée, fortement par les torches, a l’aspect le plus singulier : tous les papillons de la veille, bien entendu, ont reparu ; rouges, crèmes à fleurs rouges, noirs, ces fleurs tricolores, et ces papillons, un peu affolés, papillonnent sur un parterre bleu horizon ; disons que chaque Alsacienne a un poilu pour chaque bras. ”
Stéphen Coubé, Alsace, Lorraine et France rhénane
“ Tous unanimes, les citoyens demeurés dans leurs foyers comme les soldats accourus sous les drapeaux, les uns en votant, les autres en combattant, signifient à l'Allemagne et au monde l'immuable volonté de l'Alsace et de la Lorraine de rester françaises. ”
Paul Bourson, Revue des Deux Mondes
“ Est-il sage, est-il patriotique que les élections en Alsace et Lorraine se fassent comme elles se sont faites jusqu’à présent chez nous sous le régime allemand comme elles se font en France, c’est-à-dire que les électeurs se groupent selon les programmes politiques du parti auquel ils adhèrent ? ”
Hippolyte Barthélemy, L'Alsace et la Lorraine. Comment elles redeviendront françaises… (1887)
“ Si l'Allemagne ne prend pas maintenant cette décision qui, nous l'avouons, lui coûtera peut-être beaucoup, mais qui sera tout à sa gloire, jamais elle n'en retrouvera l'occasion, ou du moins jamais elle ne sera dans des conditions aussi favorables pour agir avec autant de grandeur. La France ne peut, en effet, renoncer à l'Alsace et à la Lorraine. ”
A. Mézières, Les Souffrances d’un pays conquis…
“ Nous sommes peut-être trop sensibles en France à la séduction des qualités brillantes. Si c’est là un défaut national, l’Alsace et la Lorraine ont trop de notre sang pour ne point le partager avec nous. Nous aimons tant l’héroïsme que nous l’admirons chez nos ennemis aussi bien que chez nos compatriotes. Si les Prussiens avaient montré dans la dernière campagne une audace extraordinaire, si on les avait vus monter à l’assaut des forts de Metz ou des forts de Paris, de tels exploits auraient eu parmi nous un long retentissement. ”
G. Bruno,
Le Tour de la France par deux enfants
“ À la suite de cette guerre l’Alsace et une partie de la Lorraine, y compris la ville de Phalsbourg, étaient devenues allemandes ; les habitants qui voulaient rester Français étaient obligés de quitter leurs villes natales pour aller s’établir dans la vieille France. Le père d’André et de Julien, un brave charpentier veuf de bonne heure, qui avait élevé ses fils dans l’amour de la patrie, songea comme tant d’autres Alsaciens et Lorrains à émigrer en France. Il tâcha donc de réunir quelques économies pour les frais du voyage, et il se mit à travailler avec plus d’ardeur que jamais. ”
André Hallays, Revue des Deux Mondes
“ Victimes de la même iniquité, soumis au même joug, les Alsaciens et les Lorrains ont vécu comme des frères d’infortune ; ils détestaient trop les Allemands pour songer qu’ils différaient entre eux sur bien des points. Aujourd’hui, l’histoire va reprendre son cours, et chacun des deux peuples suivre son humeur. L’Alsace plus particulariste restera chez elle. La Lorraine désannexée obéira à ses affinités séculaires, et ce n’est plus vers Strasbourg qu’elle tournera les yeux, mais vers Nancy. L’Université de Nancy recueillera la plupart des étudiants lorrains. ”
C. Köttschau, Prochaine guerre franco-allemande… (1887)
“ En Alsace et dans la partie de la Lorraine qui a été rétrocédée à l'Allemagne vivent actuellement un grand nombre de familles qui entretiennent des rapports plus fréquents et plus intimes avec la France qu'avec l'Allemagne. C'est là la conséquence forcée de la longue union politique qui a existé entre ces provinces et un État puissant et unifié, un peuple qui, pris dans son ensemble, est affable et digne d'être aimé. ”
Charles Guyon, Histoire d'un annexé : souvenirs de 1870-1871 (1877)
“ La Lorraine et L'Alsace étaient définitivement enlevées, malgré leurs larmes, à la patrie et il fallait s'exiler pour toujours ou rester Prussien!!! Tout ce que ces nouveaux événements nous causèrent de peine, je n'ai pas besoin de le dire : jamais dans le coeur d'un Lorrain ou d'un Alsacien la joie ne pourra renaître, jamais pour nous, pauvres exilés, ne luira un éclair de bonheur, tant que notre pays ne sera pas rendu à la France ! Nous quittâmes Luxembourg, M. Frank, Wilhelmine et moi, pour rentrer en France, où nous devions opter pour avoir une patrie. ”
Anonyme, Revue des Deux Mondes
“ Que de terres inconnues se sont ainsi révélées à eux en Alsace-Lorraine ! Leur soin le plus pressé est de tout ramener d’abord à un système ; ce n’est pas un Allemand qui se fût jamais avisé de démontrer le mouvement en marchant. Ils se cantonnent dans l’absolu des formules, alors que tout, dans la vie sociale, tend de plus en plus à devenir relatif, à mesure que les intérêts s’entrecroisent et que l’organisme se complique. ”
Victor Hugo,
Enfants d'Alsace et de Lorraine…
“ La grande famille française, elle aussi, a, dans ses jours de deuil ou de joie, la douleur de constater deux places vides parmi ses enfants : Alsace! Lorraine ! ne répondent plus à l'appel quand la patrie se resserre et se compte. Ces provinces héroïques, dont le sang et les larmes ont coulé avec son sang et ses larmes, elles sont absentes, aujourd'hui, par un sévère coup du sort, par un violent abus de la force sur le droit ”
Stéphen Coubé, Alsace, Lorraine et France rhénane
“ La France ne doute pas de nous, elle a foi dans l'Alsace. Mais si l'Allemagne se berce encore d'illusions chimériques, si elle croit trouver dans la persistance de la langue allemande au sein de nos campagnes un signe de sympathie irrésistible et d'attraction vers elle, qu'elle se détrompe! L'Alsace est aussi française que la Belgique, la Flandre et le pays des Basques, et elle veut le rester. ”
A. Mézières, Les Souffrances d’un pays conquis…
“ De tous ceux qui donnèrent alors à la France une preuve si touchante de leur attachement pour elle, il n’en est pas qui aient fait un plus grand sacrifice ni mieux mérité de la patrie que les cultivateurs d’Alsace et de Lorraine. On connaît l’amour du paysan pour la terre, on sait quels liens solides l’attachent au sol qu’il cultive, qu’il améliore par son travail et qu’il étend par l’économie. Son unique ambition est d’accroître son bien et de laisser à ses enfans un héritage augmenté par ses soins. ”
abbé Miot, Fleurs des tranchées et Fleurs des guérets… (1933)
“ La Lorraine a vibré mais l'Alsace a frémi Quand nos soldats passaient, talonnant l'ennemi. Je ne te savais point si tendrement aimée, O mère, de tes fils si longtemps séparée ! Je vois femmes, vieillards, jeunes filles, enfants, Pleurer d'amour devant nos drapeaux triomphants. Non, non, jamais au cours de ton auguste histoire, France, mon doux pays, tu ne vis tant de gloire. Braves Coloniaux, héros de l'Entrepont, D'Hurtebise, de Reims et de Saint-Germainmont. Soyez heureux et fiers, car c'est vous qu'on acclame Et l'Alsace, pour vous, fait chanter sa grande âme. ”
Stéphen Coubé, Alsace, Lorraine et France rhénane
“ II.—La France ne peut consentir ni signer la cession de la Lorraine et de l'Alsace. (Très bien!) Elle ne peut pas, sans mettre en péril la continuité de son existence nationale, porter elle-même un coup mortel à sa propre unité en abandonnant ceux qui ont conquis, par deux cents ans de dévouement patriotique, le droit d'être défendus par le pays tout entier contre les entreprises de la Force victorieuse. ”
Stéphen Coubé, Alsace, Lorraine et France rhénane
“ Il est notoire que les habitants de l'Alsace sont plus Français que les Parisiens, et que le roi de France est si sûr de leur affection à son service et à sa gloire, qu'il leur ordonne de se fournir de fusils, de pistolets, de hallebardes, d'épées, de poudre et de plomb, toutes les fois que le bruit court que les Allemands ont dessein de passer le Rhin et qu'ils courent en foule sur les bords du Rhin pour en empêcher ou du moins disputer le passage à la nation germanique, au péril évident de leurs propres vies, comme s'ils allaient en triomphe. ”
L'offrande : aux alsaciens et aux lorrains (1873)
“ Sur mon peu de mémoire et sur mon peu de haine, Je suis un, je suis Tous, et ce que je vous dis, Tous les coeurs furieux vous le disent, bandits ! Non, nous n'oublierons pas! Lorraine, Alsace , ô villes, O chers Français, pays sacrés, soyez tranquilles. Nous ne tarderons point. Le glaive est prêt déjà Que Judith pâle au flanc d'Holopherne plongea; Eternel souvenir! Guerre! Guerre! Revanche! Ah ! ton peuple vivra, mais ton empire penche, Allemagne. O révolte au fond du tombeau sourd ! O tocsin formidable au clocher de Strasbourg! ”
Pierre Bucher, Pierre Bucher, 1869-1921 : études… (1922)
“ L'Alsace et la Lorraine en sont sorties avec une personnalité plus puissante. En Alsace, d'ailleurs, l'existence proprement républicaine des villes libres avait, pendant des siècles, rendu plus ardente encore la passion de l'indépendance. Disons-le hautement 'si les Alsaciens et les Lorrains purent résister à la force allemande, ce fut grâce à la force de leur tempérament. Ces réserves d'énergie, nous les emploierons désormais au service de notre chère patrie. Si nous avons mauvaise tête, nous avons le cœur chaud et notre cœur bat pour la France ! ”
Stéphen Coubé, Alsace, Lorraine et France rhénane
“ Mais ce n'est là qu'une apparence: le cœur garde sa douleur et son espérance.»La patrie de Kléber et de Kellermann était donc bien toujours «la petite France» de Michelet, «plus France que la France». Elle vivait de souvenir et d'espérance obstinément, inlassablement. Mais ce que nous venons de dire de l'Alsace s'applique aussi à la Lorraine. On a dit que ces deux provinces sont deux boulets attachés aux pieds du pangermanisme, et que, comme rien ne ressemble tant à un boulet qu'un autre boulet, il suffit de regarder l'une pour connaître l'autre. ”
Charles Bénard, Alsace-Lorraine. Devoir de la France (1873)
“ Que la France périsse! Elle n'a plus assez de force ni d'énergie pour délivrer ses propres enfants, qu'elle a livrés pour se racheter elle-même. Elle est impuissante à dégager son gage, à remplir ses promesses solennelles et sa mission. L'égoïsme, le matérialisme la dominent. Qu'elle périsse donc! En effet, depuis deux siècles, depuis la formation de l'Europe moderne, l'Alsace et la Lorraine, confiantes dans le génie de la France, ont partagé sa bonne et sa mauvaise fortune. ”
Élie Sorin, Alsace et Lorraine : Strasbourg… (1871)
“ L'Alsace et la Lorraine ne sont pas seulement deux provinces, elles sont les deux boulevards de la France, elles en sont les deux remparts;, ôtez-les à la France et elle est ouverte à l'ennemi. Que la Prusse possède ces remparts, et la Prusse peut s'étendre à son gré dans la France centrale : elle peut déborder, sans trouver d'obstacles, jusqu'à la Marne; l'ennemi est maître chez nous ”
