Résumé

L'offrande : aux alsaciens et aux lorrains (1873)

L'humanité possède une double puissance.
L'esprit qui sait du sort calculer les retours
Et l'amour qui vainc tout, se souvenant toujours.
Ainsi, nobles tronçons de ma fière Patrie,
Lorraine, Alsace, vous que le glaive en furie,
Seul, a pu détacher, ayez moins de douleur
De votre triste état! il vous reste du coeur,
Et, dans le coeur, assez de sang, de flamme pure,
Pour supporter le mal de l'atroce coupure.
Laissez marcher le temps ; sous le poing des plus forts,
En frémissant, laissez se courber vos deux corps,
Le destin est changeant.
Source : Gallica

L'offrande : aux alsaciens et aux lorrains (1873)

Non, pauvre Alsace, non, comme le poëte de la Pologne, le noble Krazinski, je te dis: « Non; pas avec ces armes. Dans l'histoire du monde, le sacrifice est un lion invincible; mais le crime, c'est la balayure que le vent emporte en passant. » Non, comme ton propre fils, ce généreux chantre de l'Alsace en deuil (2) , réduit à répéter, loin des fleuves de la patrie, les courageuses lamentations qui troublaient le sommeil de tes oppresseurs, je te dis: Non, pas avec ces armes. Non, pas par ce glaive qui blesse et ne guérit pas, et ne fait trop souvent que « sanctionner » ce qu'il imite.
Source : Gallica

L'offrande : aux alsaciens et aux lorrains (1873)

Il doit encore bien moins à l'Allemagne féodale, qui a fait de lui le théâtre de ses disputes, le cirque de ses combats, la sanglante arène de ses ambitions et de ses férocités. Jusqu'à l'époque de Louis XIV et de Turenne, il y règne une confusion inexprimable; les ducs d'Autriche combattent les évêques; les évêques portent le glaive et le heaume. Les barons de la rive droite, comme ceux de la rive gauche, s'entre-détruisent; on brûle, on pille et l'on massacre. Le roi de France, l'empereur germanique, le pape prennent part à la curée; on s'arrache les lambeaux des libres communes.
Source : Gallica

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