Résumé

A. Mézières L’Invasion de la Lorraine

Aucun pays ne se prête mieux à la guerre espagnole, aux combats de détails, aux escarmouches qui harcèlent une armée, à la défense opiniâtre, acharnée, où l’on ne laisse à l’ennemi que le coin de terre qu’il occupe, où l’on se reforme partout, sur ses flancs, devant lui, derrière lui, où l’on coupe ses convois, ses communications, où on l’isole de ses renforts, sans lui accorder un moment de repos, en tombant sur lui à toute heure par des sentiers où le nombre devient inutile, où la connaissance des lieux, le courage et l’adresse suffisent aux combattons.
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A. Mézières L’Invasion de la Lorraine

Au milieu de la campagne désolée, l’héroïque cité de Metz, enveloppée dans sa double armure de remparts et de forts, défie toutes les attaques de l’ennemi. On y a beaucoup souffert, on y souffrira encore ; mais les courages n’y sont point abattus. Aucune population n’est plus capable que celle-là d’énergiques sacrifices : les enfans y respirent en naissant quelque chose de belliqueux et de fier, ils grandissent au milieu des soldats. On berce leur enfance avec des souvenirs de guerre, on leur apprend que jamais leur patrie n’a été prise, qu’aucun ennemi n’a encore pénétré dans leurs murs.
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A. Mézières L’Invasion de la Lorraine

L’invasion aura fait le vide et le désert devant elle. Toute âme élevée devrait de temps en temps se représenter ce spectacle, ces hommes qui n’ont plus de patrie, ces femmes errant sur les routes avec leurs enfans, ces infirmes et ces vieillards qui n’ont même pas pu se traîner hors de chez eux, qui attendent la mort dans les angoisses de la faim.
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