Résumé

Portrait de Alfred Rambaud Alfred Rambaud La Lorraine sous le régime prussien…

Un spectacle navrant que Toul, Nancy, Lunéville, devaient surtout à leur situation sur la principale ligne ferrée des armées allemandes, c’étaient les convois de prisonniers. D’abord ceux de Sedan, puis ceux de la Loire et de Metz ; puis, par la saison la plus rigoureuse, ceux de Paris, de Mézières, du Mans, etc. C’est là surtout que s’étalait la brutalité, la cruelle insouciance, l’absence de générosité même dans la victoire, d’humanité même envers le malheur, qui ferait le fond, si l’on en jugeait par cette guerre, du caractère allemand.
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La fureur le gagnant, il s’écria en tourmentant la poignée de son sabre avec un accent impossible à rendre : « Eh bien ! c’est moi qui brûlerai !... c’est moi qui pillerai !... c’est moi qui exterminerai !... » Et la première exécution commença. À Fontenoy-sur-Moselle, il fit remettre le feu à plusieurs reprises et activa l’incendie par un emploi méthodique et judicieux du pétrole. Rien n’égalait à l’occasion le cynisme et la brutalité de son langage envers les vaincus.
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Dans les campagnes et dans les villes, progressivement aigries par les charges de l’occupation, on n’avait pas perdu l’espérance de voir les Allemands repasser en désordre, la baïonnette du soldat et la fourche du paysan dans les reins. La vivacité du caractère français, la rudesse du soldat allemand, l’habitude qu’ont les officiers prussiens de voir en Allemagne l’homme du peuple supporter facilement une correction manuelle, promettaient de nombreux conflits ; mais les sévères proclamations du roi Guillaume ne restèrent pas lettre morte.
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